1ères journées maghrébines à l’EH Dr Benzerdjeb

Placées sous le patronage du wali de la wilaya d’Aïn Témouchent, les premières journées consacrées au thème, ô combien sensible de l’hygiène en milieu hospitalier, ont regroupé durant deux jours de nombreux praticiens venus essentiellement de l’Ouest et du Centre du pays. La participation étrangère se limitant au Maroc, représenté par le docteur Zenasni de l’hôpital Berkane. Le grand mérite de cette rencontre dont le bon déroulement est à mettre à l’actif de l’équipe d’encadrement de l’établissement Dr Benzerdjeb a consisté à mettre le doigt sur les carences d’un important segment de la vie hospitalière à savoir la gestion des risques, liée à l’activité des soins. Il convient de prime abord de relever le consensus qui s’est dégagé quant à la nécessité de se prémunir des maladies nosocomiales en respectant de façon stricte les procédures préventives édictées par la réglementation. Retenons pour la clarté du propos, qu’une infection nosocomiale est une infection chez un malade hospitalisé qui n’était ni présent ni en incubation au moment de son admission.
Dès lors qu’il existe un lien causal entre hospitalisation et infection même plusieurs mois après la sortie du malade. Les épidémiologues évoquent en général quatre (4) modes de transmission. En premier l’hétéro infection, la contamination se faisant le plus souvent par le biais du personnel soignant. Elle est dite manu portée. Secundo, elle peut être une xéno infection c’est-à-dire provenant de personne de l’extérieur de l’établissement ou de type exo infection quand la transmission est due au dysfonctionnement technique du matériel ou à une erreur commise dans l’exécution des procédures prophylactiques. Et enfin, c’est une auto-infection quand le malade s’infecte lui-même par négligence ou complication postopératoire. La plupart des intervenants ont axé leur sujet sur le manque d’information et de suivi des règles d’hygiène et de prophylaxie encadrant les activités de soins et l’élimination des déchets hospitaliers.
Il reste que la communication la plus édifiante émane de la tutelle elle-même dont le représentant a esquissé les grandes lignes du plan national de lutte contre les infections nosocomiales (P.N.L.C.I.N) tout en reconnaissant -désolant paradoxe- que rares sont les établissements de santé qui appliquent à la lettre les directives relatives à la protection du milieu hospitalier. Un sentiment partagé du reste par l’assistance qui a acquiescé. Pour M. Terfani, le S/Directeur de la prévention au ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière les textes sont on ne peut plus explicites, il s’agit d’amener les acteurs de la sphère hospitalière à une meilleure prise de conscience du phénomène afin d’endiguer autant que faire se peut la multiplication des maladies nosocomiales la mise en place des CLIN (Comité de lutte contre les infections nosocomiales) suite à l’arrêté n°64 du 07/11/1998, conforté ensuite par d’autres décrets en 2000, 2004 et 2005, n’a pas jusqu’à maintenant donné les résultats escomptés.
Notre taux de prévalence des maladies nosocomiales est encore deux fois supérieur à celui de la plupart des pays européens lequel se situe entre 6 et 7% des enquêtes menées sur le terrain ont démontré l’urgence d’une réelle prise en charge de l’hygiène en milieu hospitalier. C’est ainsi que selon une étude faite par le Dr Azizi Fethi du CHU de Sidi Bel-Abbès l’utilisation des différents sacs de couleurs variées, destinés à recevoir les déchets hospitaliers est encore mal maîtrisée. 94,17% des personnels interrogés ne savent pas pour quel type de déchets utilisé-t-on un sac vert, idem pour 88,24% d’entre-elles s’agissant du sac rouge et 41,18% pour ce qui est du sac de couleur noire.
En outre reprenant une enquête réalisée par un confrère du même CHU, le Dr Aziz nous apprend que 33% des femmes de ménage se blessent en manipulant des sacs poubelles et 67% en effectuant le ménage. Il conclura son exposé en pointant du doigt la responsabilité du médecin et de l’infirmier lesquels doivent veiller à la bonne préparation du chariot de soins conformément au code couleurs et aux symboles spécifiques reconnus universellement, chaque catégorie de déchets étant identifiée par une couleur distinctive : jaune pour les produits septiques (pansements souillés, seringues et compresses, rouge pour les déchets chimiques ou toxiques, vert pour les déchets anatomiques (amputation ou ablations) et noir pour les déchets ménagers. Pour l’incinération des déchets, leur collecte et transport posent souvent problème, 80% des brûlures existant au niveau des hôpitaux accusent une moyenne d’âge de plus de 20 ans sans compter le fait qu’un incinérateur sur cinq (05) se trouve en panne. Des modes de traitement des déchets complètement obsolètes lorsqu’on sait que des usines qui sont implantées hors des structures de santé sont venues remplacer en Europe et ailleurs les vieux incinérateurs.
Le docteur Bouziani Nassim du CHI d’Oran a abordé la question avec une grande pertinence en soulignant les insuffisances en matière d’élimination des déchets hospitaliers et leur impact sur l’environnement. Il citera l’exemple de l’hôpital Mustapha, l’un des plus importants du pays (1.800 lits) et dont les déchets liquides sont directement rejetés sur les plages de Bab El Oued ou absorbés par les nappes phréatiques. Le problème des effluents hospitaliers dans certaines localités est considéré comme hautement préoccupant.
Le Dr Harrache du CHU de Sidi Bel Abbès a, pour sa part, dans une communication sur le contrôle bactériologique des endoscopes du service de gastro- entérologie mis en évidence le caractère sensible de ces outils d’exploration au plan aseptique et par conséquent l’impérieuse nécessité de procéder régulièrement à leur désinfection pour protéger les malades. Le cas de la pandémie 2009 suite à l’apparition de la grippe A/H1N1 et les mesures préventives, un thème présenté par le professeur Soukehar Abdelkrim du CHU de Béni Messous qui a retracé l’historique de la pandémie classée au niveau 6 d’alerte par l’OMS. Un seuil proche de celui de l’Algérie où le niveau de dangerosité est de 5, le maximum du développement de la maladie coïncidera, selon le professeur Soukehal, avec la saison d’automne. Il insistera sur les gestes à accomplir comme la désinfection des mains par le gel hydro-alcoolique, afin de limiter les risques de contamination. Pour l’instant la sensibilisation demeure encore faible malgré l’acuité du problème. Un vaste programme d’information reste à engager auprès d’abord du corps médical des secteurs privé et public, des institutions éducatives et des parents. L’ensemble de la société est interpellé face à la détermination de l’hygiène publique en général.

Source : Echo-Oran

3 Comments

  1. alilou dit :

    comment cet etablissement de santé qui organise des congres, des seminaires, des journées et qui se permet le luxe d’ inviter de prestigieux specialistes nationaux et etrangers n’ a pas les moyens d ‘offrir des salaires au smig (le minimum) à ses employes??????Je me me fais comprendre: des specialistes etrangers viennent specialement pour operer des algeriens dans cet hopital, pourvu du nec plus ultra du materiel medical(qui coute une fortune) Ok! vous me suivez, cela laisse entendre que ces specialistes sont payes en euros ,evidemment!!!!Alors svp question à 1 euro au directeur: pourquoi certains employes ne perçoivent que 9000,00 da par mois(exploitation)????pourquoi sont ils contraints de signer(chantage) des CDD(la reglementation fixe sans ambiguité la liste des emplois soumis au CDD) Le code du travail stipule que les emplois permanents *doivent etre soumis sans exception à des CDI?n’ est ce pas là une infraction caracterisée ?A propos d’ un autre pietinement du code du travail : des employes assurant le travail de nuit et pourtant ils perçoivent le meme salaire(???) que ceux du jour.S’ agissant d’ un etablissement public la loi doit etre appliqué dans toute sa rigueur. Autre aberration et non des moindres :comment s’ equiper de Vehicule 4×4 vorace en carburant et invoquer le manque de ressource quand il s ‘agit de payer les travaileurs au smig , rien qu’ au smig.

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  2. Amine Université de Cergy dit :

    Bonnes Questions !! A bon entendeur.

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  3. tmch dit :

    que font les responsables des syndicats ceux-là même qui sont sensés défendre cette catégorie d’employés. Ce que vous relevez comme questions pertinantes M Alilou est connu de tous seulement comme ces employés contractuels(CDD)payés au SMIG n’ont même pas droit à la grève ils sont victime de la Hogra même part leurs soi-disants camarades syndicalistes qui fricotent avec l’administation pour quelques faveurs
    PAUVRE ALG2RIE

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