2009 : Année de l’eau de mer

L’usine de dessalement de Chatt El Hillal qui produira 200.000 mètres cubes d’eau douce, sera livrée au courant du premier trimestre 2009. Un volume journalier qui va permettre de résoudre en grande partie le déficit enregistré. Réalisée par un groupement de partenaires dont Sonatrach, AEC (Algerian Energy Company) et GEIDA, une société espagnole, et financée par la BEA, cette unité a été confiée à «Béni Saf Water Company S.A.», une société de gestion créée à l’effet de veiller à la maintenance des équipements et à la rentabilisation du projet qui aura coûté près de 204 millions de dollars. Selon les termes du contrat, GEIDA, la partie espagnole, détiendrait 51% des actions tandis que AEC (filiale de Sonatrach et Sonelgaz) interviendrait à hauteur de 49%.
La station de Chatt El Hillal (ex-Oued Hallouf) a adopté le procédé technique de dessalement dit «par osmose inverse». Nous reviendrons plus loin sur les caractéristiques de ce système. Il faut savoir que l’Algérie s’est engagée dans un vaste programme de construction d’usines de dessalement de l’eau de mer. A l’horizon 2025, près de 43 d’entre elles seront entrées en activité. Avant la fin de la nouvelle année 2009, 13 stations pilotées par «Hydro traitement» et d’une capacité globale de 35 000 m³/jour, renforceront la distribution en eau potable. Au titre du programme de 2002, l’Etat a mis en service 21 stations monoblocs d’une capacité totale de 57 500 mètres cubes par jour. Dans la wilaya d’Aïn Témouchent, les sites situés à Chatt El Ward et Bouzedjar ont bénéficié de monoblocs en mesure de produire, chacun de son côté, 5 000 m³/jour. Au niveau du futur pôle industriel de la zone de Béni Saf, des installations de ce type sont prévues, notamment en vue de satisfaire les besoins des petites unités de production. Notre pays a pris conscience que les enjeux de demain sont davantage liés à la problématique de l’eau qu’à celle du pétrole. D’où l’option prise visant à doter les régions touchées par la sécheresse d’infrastructures pour le dessalement de l’eau de mer. Le nord du pays, et particulièrement les localités de l’ouest. Solution incontournable pour les uns et critiquée par les autres -les défenseurs de l’environnement et les économistes qui dénoncent le coût énergétique-, elle n’en est pas la préférée de bon nombre de pays européens comme l’Espagne et la plupart des pays du pourtour méditerranéen.
L’usine de dessalement de Chatt El Hillal, comme la majorité des projets similaires retenus dans le cadre du plan de relance économique, fonctionnera selon un procédé éprouvé appelé osmose inverse. 76% de la production totale d’eau potable des pays du bassin méditerranéen, soit 4,2 millions de m³/jour, sont assurés par des installations d’osmose inverse. A l’exemple de la péninsule ibérique qui prévoit de presque tripler la capacité de ses usines de dessalement sur la côte méditerranéenne en recourant au procédé évoqué, jugé moins contraignant. Et pour cause.
Il existe deux grandes techniques pour obtenir de l’eau douce à partir de l’eau de mer. Le premier procédé dit «thermique» repose sur la distillation. On chauffe l’eau de mer pour produire l’eau douce. Généralement, ce type d’unité est construit à côté de centrales thermiques afin d’en récupérer la chaleur.
Globalement, ce procédé exige beaucoup d’énergie et reste par conséquent peu attractif. La seconde méthode, l’osmose inverse, est nettement plus simple et moins gourmande en électricité. Basé sur un système de filtrage, le procédé utilise des membranes synthétiques semi-perméables qui laissent passer l’eau et retiennent le sel. Le système par distillation est économiquement plus viable mais il nécessite des centrales thermiques, même si son coût en terme d’énergie est plus supportable. Voilà pour l’aspect matériel.Quant à l’impact sur l’environnement, il convient d’admettre que toutes les unités de dessalement produisent d’importantes quantités de saumure, mais celles activant par osmose inverse paraissent à cet égard plus neutres.
Elles rejettent un mètre cube de saumure alors que les unités de distillation en rejettent neuf fois plus. Mais quelle que soit la quantité expulsée, le sel constitue un risque, selon les scientifiques qui s’intéressent à la pollution marine. La salinité naturelle de l’eau de mer se situe entre 37 et 38 grammes/litre. La forte teneur en sel concentré rejeté par l’osmose inverse risque de porter préjudice à la faune et la flore. Il y a des études d’évaluation d’impact écologique qui sont faites lorsque de grandes installations sont projetées. A l’instar de la station de Chatt El Hillal dont le lancement a été précédé d’une étude d’impact. C’est ainsi que la zone de rejet de la saumure issue de l’opération de dessalement a été choisie pour ses forts courants de fond, lesquels entraînent une dispersion et une dilution rapides de la saumure et diminuent les risques pour les prairies marines où vit notamment l’espèce nommée «cymodocéa» considérée comme un élément régulateur de l’équilibre écologique marin. La protection de l’environnement est primordiale pour la survie des espèces et l’avenir du littoral. C’est pourquoi moult précautions sont prises afin de ne pas hypothéquer d’autres ressources. Le dessalement, s’il allège la dépendance de l’homme vis-à-vis l’eau, ne doit pas porter atteinte à l’activité naturelle de l’écosystème.

Source : Echo-Oran

3 Comments

  1. admin dit :

    J’ai tout compris sauf un truc ! Je me pose des questions sur l’appellation de l’entreprise qui doit gérer la station, pourquoi ce nom «Béni Saf Water Company S.A.» ?
    La plage de Chatt El Hillal se trouve dans la commune de sidi ben addas daira d’Ain Témouchent wilaya d’Ain Témouchent.je ne vois pas du tout le rapport avec beni-saf…

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  2. amine dit :

    Laisse tomber mon ami.

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  3. Zitouni dit :

    Je remercie l’eau d’Algérie à l’organisation de ce tour le sujet de l’usine de dessalement à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau avec ses vœux de prospérité et de développement. Je remercie également tous les travailleurs sur les algériens et espagnols bonne réceptivité. Honoré d’avoir des institutions mondiales en Algérie dans l’espoir que ne pas être la dernière. Enfin, je vous souhaite à tous d’accepter mes remerciements et ma gratitude à vous.

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