Aide à l’insertion professionnelle

Il y a quelques semaines, les jeunes activant dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle ont failli mettre le feu aux poudres. Plusieurs sit-in eurent lieu pour attirer l’attention des autorités sur le retard de près de quatre mois qu’accusait le paiement des salaires. Les contestataires issus surtout des rangs des bénéficiaires du contrat sans formation, employés par les APC pour les besoins du nettoiement et l’embellissement de l’environnement, ont été finalement régularisés grâce à l’intervention énergique du wali qui est descendu sur le terrain pour s’enquérir de la situation.
Selon les informations recueillies, des dysfonctionnements ont perturbé le suivi du dispositif qui a touché près de 5.000 chômeurs ou déclarés en tant que tels et mobilisé une enveloppe financière le plusieurs milliards de centimes. Le dispositif englobe trois types de contrat : Le CID (Contrat d’insertion des diplômés) le CIP (Contrat d’insertion des professionnels) et le CFI (Contrat d’insertion sans formation). A la base, c’est l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) qui enregistre les demandes et oriente les candidats selon les disponibilités. Mais les APC, sans crier gare comme d’habitude, ont mis leur grain de sel en procédant à des recrutements à tout bout de champ, souvent avant même la formalisation des dossiers.
La direction de l’emploi en charge du volet financier, autrement dit c’est elle qui paie, s’est retrouvée à son corps défendant au milieu d’une situation complexe et ce pour trois raisons. Primo, le chevauchement des prérogatives au niveau de l’établissement des listes des personnes éligibles au dispositif a brouillé l’application du dispositif.
Qui de l’APC, la DAS, l’ANPE ou la direction de l’emploi est habilitée à recruter? En tout état de cause une coordination entre ces différents partenaires aurait pu mettre les choses au clair. Secundo outre les retards enregistrés durant la phase de constitution des dossiers des bénéficiaires, la procédure d’ouverture d’un compte courant postal (CCP) a carrément bloqué les opérations de régularisation puisque les options d’attribution d’un numéro de CCP n’ont pas été validées par les PTT. De ce fait les virements au profit des concernés par le dispositif étaient rejetés automatiquement. Il a fallu encore une fois l’intervention du wali pour imposer la solution du mandatement.
Tertio la plupart des APC ont franchement dévoyé la vocation du DAIP. Le montant relativement élevé de l’allocation soit 12.000 dinars a aiguisé les appétits à telle enseigne que nombre de «resquilleurs» entre cumulards et travailleurs fictifs, ont émargé sur les listes de bénéficiaires, lesquelles du reste furent changées à maintes reprises. Par voie de conséquence la direction de l’emploi a dû en dernier ressort mettre les bouchées doubles pour rattraper les erreurs commises.
Et il n’est pas impossible que dans le feu de l’action, le traitement des dossiers, près de 5.000, a donné lieu à des anomalies. D’ailleurs une fois la tension redescendue, des vérifications sont en cours pour déceler d’éventuels inclus bénéficiaires. Le dispositif a manifestement besoin de correctifs pour démontrer son efficacité.

Source : Echo-Oran

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