Le FLN à l’APC et le RND à l’APW

La salle de délibérations de l’APC d’Aïn Témouchent où, désormais, trône le fameux tableau de Chappe datant de 1870, disparu un moment, à la fin des années 80, puis réapparu dans un état déplorable qui a nécessité une restauration visiblement ratée, s’est avérée exiguë pour contenir le trop-plein d’invités venus assister à l’intronisation du président sortant, M. Touil Boucif, reconduit pour un second mandat à la faveur du décompte des voix obtenues aux élections du 29 novembre dernier où le FLN et le RND ont raflé, chacun, 05 sièges.
Le stand-by qui a suivi l’annonce des résultats, a donné lieu à toutes sortes de supputations au sujet du mode de désignation du premier magistrat de la ville et cela n’a pas facilité l’entente entre les élus, c’est le moins qu’on puisse dire. La cérémonie d’installation, présidée par le wali d’Aïn Témouchent, s’est déroulée en présence des autorités locales et des directeurs d’exécutif. Dans une intervention particulièrement ferme, le responsable de la wilaya a exhorté la nouvelle équipe à dépasser les clivages partisans pour s’investir dans la gestion de la commune. Il en appellera au sens des responsabilités de tout un chacun afin que les préoccupations du citoyen bénéficient d’un intérêt soutenu, tout en soulignant l’importance de la fonction de contrôle et d’évaluation qu’exerce la tutelle à l’endroit des APC.
Prenant à son tour la parole, le président de l’APC, officiellement installé, a d’abord remercié la population qui lui a témoigné sa confiance avant d’affirmer que le message du wali a été compris et qu’il sera à la hauteur de la mission pour laquelle il a été choisi. M. Touil s’est déclaré prêt à tendre la main à tous les membres de l’APC quel que soit leur bord politique, faisant allusion à l’absence des représentants du RND auxquels se sont joints un élu du FNA et une conseillère élue du PT, le parti de Louiza Hanoune.
Une fâcherie qui – tout le monde l’espère – n’aura pas de conséquences sur la cohésion de l’Assemblée. Une ville de la taille d’Aïn Témouchent a besoin de l’implication de tous les élus pour assurer son développement. Les règles du jeu, telles qu’elles sont appliquées, ne doivent, en aucun cas, confiner à un rôle de figurant des élus censés participer à la promotion de la vie citoyenne. Les querelles de leadership – roi ou rien – portent en elles les genres de la division et paraissent bien suspectes au plan moral. Ceci étant, n’importe quelle population n’a que les élus qu’elle mérite. Au sein de l’APW, la surprise fut grande puisque le FLN, bien que majoritaire, a dû céder le fauteuil de la présidence au RND. M. Lakhdar Tikhmarine, vieux routier de la politique, a passé le relais à M. Maârouf Mohamed, un ancien membre de l’APW comme qui l’a emporté avec 25 voix contre 14 pour le président sortant. La coalition RND-FNA-PT-MSP a eu raison de l’assurance du FLN qui a engrangé 13 sièges lors du vote du 29 novembre.
Les alliés conjoncturels du RND ont concédé 15 voix à ce dernier pour lui permettre de diriger l’APW. Les 10 sièges qu’il a décrochés lors des élections populaires proviennent en fait et pour moitié de la circonscription d’Aïn Témouchent grâce à l’effet d’entraînement provoqué par la liste APC. L’autre moitié (05 sièges) est la somme des suffrages obtenus dans 27 communes. En tout état de cause, il est clair que les enjeux en filigrane du nouvel ascendant du RND au sein de l’APW, apparaîtront dans toute leur splendeur le jour des sénatoriales. Une échéance proche et autrement plus coûteuse en termes de concessions politiques et autres…

Source: Echo-Oran

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