Les origines de la musique raï en débat

L’association culturelle de la wilaya d’Aïn Témouchent, «Joudour» (Racines), a franchi jeudi dernier le seuil de l’anonymat en organisant une conférence-débat sur les origines du Raï devant une modeste assistance rehaussée par la présence effective du père du Raï, Messaoud Bellemou, quelques chanteurs, des animateurs et berrahs de la ville d’Aïn Témouchent. C’est une première et louable initiative culturelle. La rencontre a donc débuté par la projection vidéo d’un reportage monté par l’association Joudour. Les séquences du film montrent des chanteurs et paroliers de la chanson Rai témoignant avec simplicité mais avec une connaissance approfondie de la musique et de la poésie populaire.
A l’unanimité, ces témoins s’accordent pour dire que la musique Rai puise ses racines dans le «bedoui trab» qui se pratiquait depuis longtemps dans plusieurs régions de l’Ouest. A l’aube de l’indépendance, le trompettiste Messaoud Bellemou avait introduit des retouches mélodiques en substituant les instruments de musique traditionnelle tels que la Gasba, le Gallal et la Ghaita par les T’bals (tambours), Karkadou et la sémillante trompette. Les paroles ont été réduites à de simples groupes de mots traitant de sujets de jeunes, assez habituels dans les cabarets, les stades et les soirées de mariages. Concernant le terme Rai, le président de l’association «Joudour», Bensalah Med et le réalisateur Hadj Said Amine parlent du mot Ray (opinion) qui revient très souvent dans le refrain car les paroliers expriment une amertume intimement liée au contenu de l’idée ou du sujet.
Durant le débat, le président de l’association a souligné que le Rai moderne, l’actuel, est né à Aïn Témouchent en 1963 et non à Oujda( Maroc) ni autre région d’Algérie et l’honneur revenait au célèbre Messaoud Bellemou, lequel a proposé une écriture réelle et objective de l’histoire du genre Rai. Le public présent a appris que les quatre premiers disques de chansons Raï furent enregistrés en 1975 avec les chanteurs Bouteldja, Benfissa, H’Fif et Homani.

Source: Voix-Oranie

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