De l’argent pour des vespasiennes

Rencontré avant-hier lors de l’opération relogement des 180 familles à haï Sidi Saïd, le maire de Aïn-Témouchent, M. Boucif Touil, a porté à notre connaissance que la commune avait lancé plusieurs appels d’offres relatifs à la réalisation d’une série de vespasiennes, mais ils se sont avérés infructueux. «L’on dispose de plus de 300 millions pour doter la ville de toilettes publiques. Mais allez trouver une entreprise pour les construire ! La commune est prête à les céder à celle-ci», note-t-il. Après la parution de notre article «Concession des toilettes publiques» (voir Q.O. du 02/08/09), la rue témouchentoise a réagi favorablement et le sujet fut le thème du jour discuté par des consommateurs des cafés attablés sur les terrasses des établissements classés du boulevard du 1er Novembre.
L’élu Rouane, qui nous a joint par téléphone pour lui communiquer le numéro de téléphone d’une personne, nous a fait savoir qu’ils (élus locaux) attendent l’étude pour se prononcer définitivement sur les implantations et pas sur le coût unitaire car, selon le maire, les estimations sont faites. Sinon, pourquoi lancer les appels d’offres. Comme le maire, l’élu Rouane parle de construction de vespasiennes et non de toilettes publiques. La définition dit qu’il s’agit d’urinoirs publics pour hommes. Du nom de l’empereur romain Vespasien, à qui l’on avait faussement attribué la construction à Rome des urinoirs, alors qu’en réalité il avait institué un impôt sur la collecte d’urine, utilisée par les foulons comme source d’ammoniac.
Outre-mer, ce sont de petites cabines individuelles présentables, ne prenant pas trop d’espace et implantées selon une étude faite au préalable et tenant compte de plusieurs critères. L’ouverture de la porte d’accès s’opère en introduisant une pièce de monnaie. Le maire de Aïn-Témouchent nous a dit : «Je vais plus loin : je réalise les vespasiennes et je les cède aux jeunes chômeurs». Tous les moyens qui conduisent au même but et qui concrétisent les mêmes objectifs et impacts sont les bienvenus. Mais l’on se demande si, dans l’esprit du maire, vespasiennes veut dire aussi toilettes publiques ! Cette interrogation a son importance et doit être spécifiée dans le cahier des charges.

Source : Quotidien-Oran

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