Du lait imbuvable à la patate noire

La hausse des prix de la plupart des produits de première nécessité à la veille du mois sacré de Ramadhan reste un phénomène cyclique auquel se sont résignés les ménages. La dégradation du pouvoir d’achat, durement ressentie par les couches démunies, a atteint un seuil alarmant. Après le sucre, la semoule fait parler d’elle pendant que les viandes reprennent de l’envol, 260 DA le kg de poulet pour 700 DA l’agneau. Le lait lui aussi a viré. Il est commercialisé à 35 DA voire 40 DA le sachet d’un litre non dilué, c’est-à-dire naturel. Certains laitiers de la M’léta, sachant que ce type de lait est très demandé en raison de son prix, n’hésitent pas à fabriquer un produit tout juste buvable en diminuant la teneur en poudre, ce qui donne un liquide blanchâtre qui ressemble vaguement à du lait.
S’étant rendu compte de la supercherie, le consommateur se rabat sur les boîtes importées de « Gloria «, « Nespray « ou « Lahda « taxées à 220 DA, dont la qualité est réputée de meilleure concentration. D’autres, sans doute mieux avisés, préfèrent le lait en poudre vendu en vrac à 270 DA le kg. Pour ce qui est des dattes, elles semblent pour l’instant dans les cordes des bourses moyennes. Les fruits secs, ramenés généralement du Maroc par les «trabendistes», s’écoulent facilement. Pruneaux, abricots et raisins secs sont largement disponibles.
Il reste les boulangers, qui ont tiqué après l’augmentation du quintal de farine. Quelques-uns d’entre eux ont respecté la tradition en maintenant la vente du pain amélioré, histoire de se rattraper sur le nouveau prix de la farine. Les autres ont continué avec les fournées habituelles, c’est-à-dire sans élever la qualité du pain. Bref, il faudra s’attendre en cette période à ce que le consommateur fasse les frais de la tendance spéculative qui caractérise le circuit commercial, surtout avec l’entrée en lice de nombreux marchands occasionnels. Face à la mobilisation éhontée des mercantis de tous bords, le citoyen désarmé n’a d’autre choix que de «donner son cou», selon une expression populaire qui résume tout le désarroi des couches démunies.

Source: Echo-Oran

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