Familles cherchent désespérément enfants en kafala

La satisfaction des demandes de Kafala demeure problématique à Témouchent au point que la DAS s’adresse à d’autres wilayas pour faire face à la situation. Une dame souhaitant adopter un enfant arriva en même temps que nous au bureau chargé du placement des enfants abandonnés. Elle est directrice d’un CEM à Témouchent, mère de deux fillettes de 8 et 3 ans et demi mais ne peut plus enfanter. Elle désire avoir un garçon, l’élever, le chérir. Et son époux ? « Figurez-vous que l’idée vient de lui et que je ne l’ai admise qu’une année après, une fois acquise la stabilité professionnelle qui me faisait défaut. » L’époux a pourtant deux garçons et deux filles d’un premier mariage : « Mais que voulez-vous, il aime les enfants. Et puis, ce qui m’a également décidé, c’est la proximité de la famille d’un de mes adjoints d’éducation, une famille bâtie autour de ses enfants kafil ».
L’enthousiasmée prétendante à la kafala est vite désillusionnée : À Témouchent, les demandes sont nombreuses et leur satisfaction problématique au point que la DAS s’adresse à d’autres wilayas pour répondre à la demande. La situation est telle que la DAS est même « zappée » par des familles qui, par des canaux informels, concluent leur affaire avec des mères obligées d’abandonner le fruit de leurs entrailles. Elles se les font confier par un désistement par devant le juge, ce qui permet à la mère de savoir chez qui a atterri son enfant et de soulager ainsi sa conscience d’un abandon absolu. À la DAS, la psychologue en charge du service, déplore cette situation : « Dans cet arrangement, l’intérêt de l’enfant en pâtit puisque la kafala n’est pas accordée sur la base d’une enquête psycho-sociale ». Autre ombre au tableau, sur les 90 demandes en instance, 60 concernent des filles, contredisant paradoxalement la non moins discutable préférence accordée aux garçons dans le cas des naissances dites légitimes. En outre, si en 2009, 43 enfants confiés à la DAS ont été placés, il en reste 11 sans familles d’accueil. Parmi ces derniers, il y en a trois parce qu’ils sont noirs : « Ce n’est pas par racisme que les familles « blanches » les refusent mais parce qu’elles ne veulent pas, différence de pigmentation oblige, avoir à leur dire un jour qu’ils ne sont pas de leur sang ». Et puis, il y a deux autres malheureux recalés de la kafala : une mongolienne de trois mois et un handicapé moteur de trois ans.

Source : El-Watan

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