Le développement des légumineuses

En terme de vocation dominante de la wilaya d’Aïn Témouchent, le secteur agricole continue d’occuper la première place, malgré les coups fâcheux qu’il a subis, ces dix dernières années, caractérisés par des expropriations pour cause d’utilité publique, au profit d’autres secteurs tels que l’urbanisme, la construction et les équipements publics. Ainsi, les SAU des céréales, la vigne et les légumineuses sont présentement de l’ordre de 98.000, 22.000 et 8.000 ha. La spéculation dominante des légumineuses revient, par excellence, au pois chiche, une culture qui a connu une envergure, ces derniers temps, et qui occupe, à elle seule, 90% de la surface ensemencée en légumineuses.
L’intérêt accordé particulièrement au pois chiche est affiché, non seulement, par les agriculteurs qui en pratiquent la culture, de génération en génération mais aussi par les instituts nationaux de la recherche en agriculture (INRA) et de la protection de végétaux, à l’échelle régionale notamment. Cet attrait particulier est aussi souligné par les départements centraux du ministère de l’Agriculture. D’ailleurs deux importants séminaires nationaux ont été tenus au complexe thermal de Hammam Bou-Hadjar et à la maison de l’Agriculture d’Aïn Témouchent, durant cette décennie. Ceci montre, à plus d’un titre, l’importance accordée au développement des légumineuses dans la région, tant en superficie qu’en rendement et en qualité du produit (calibre). Cette spéculation pouvait enregistrer des productions record inattendues si, en parallèle, les agriculteurs étaient accompagnés, de bout en bout, des dispositifs techniques que les recommandations ont formulés à l’issue des deux séminaires et des rencontres nationales liées au développement de l’agriculture de manière générale. Mais ces recommandations n’ont pas été traduites sous forme de mesures exécutives selon des calendriers définis et des objectifs connus, aux impacts économiques attendus et espérés. Dans ce cadre précis l’on déduit, des propos tenus par des agriculteurs, trois préalables essentiels pour la réussite de la culture des légumineuses dans la région témouchentoise. Premièrement, il faut réhabiliter les variétés locales et ou nationales connues pour leur rendement et leur résistance aux aléas climatiques et autres maladies, cryptogamiques notamment. Deuxièmement, il y a lieu de renforcer les aides et subventions de l’Etat par la reconduction du dispositif sans passer par les canaux actuels à même de faciliter leurs obtentions dans des délais acceptables et des taux bonifiés pour la partie crédit. Troisièmement, il faut réhabiliter la mission et les attributions des CCLS qui depuis une dizaine d’années, environ, ont cessé de réceptionner les quantités de pois chiche produites par les agriculteurs et par ricochet de les doter en semences de bonne qualité et de variétés adaptables aux conditions climatiques de la région.
A cette époque beaucoup de fellahs n’avaient pas où écouler leur production cédée dans le marché à des prix très bas, ne pouvant même pas payer les frais occasionnés.C’est le même topo qu’a connu la pomme de terre après la dissolution de la Coopsem de Sidi Bel-Abbès. Cette dernière offrait, à concours temporaire, semences, engrais et produits phytosanitaires; les factures étant remboursables après la livraison de la récolte, à la coopérative.Les intentions des agriculteurs d’Aïn Témouchent sont, désormais, affichées; l’étendue globale pourrait, en toute vraisemblance atteindre 15.000 ha si, toutefois, le train de mesures, cité plus haut, pouvait être reconduit dans sa globalité.
A défaut d’une structure de remplacement l’OAIC, à l’échelle nationale, peut reprendre du service et intégrer, de nouveau, les spéculations des légumineuses dans ses nouvelles missions. L’acquisition de semence et d’engrais, l’octroi de crédits de campagne liés à la livraison de la production et son écoulement par un organisme spécialisé tel que l’OAIC, sont alors les préalables sur lesquels il faut réfléchir pour sortir de la situation latente qui y prévaut. C’est la feuille de route pour le développement des légumineuses.

Source : Le Quotidien-Oran

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