Gel des poursuites contre les fellahs endettés

Les viticulteurs de la wilaya d’Aïn Témouchent vont sûrement accueillir avec soulagement l’annonce du gel des poursuites judiciaires, engagées à leur encontre par leur principal créancier, la CNMA en l’occurrence. Cette décision salutaire aurait été prise par la CNMA, qui vient d’instruire par la circulaire N°97/00/NI/09 du 15/02/2009, les caisses régionales de mutualité agricole (CRMA), leur enjoignant de suspendre les poursuites judiciaires engagées contre les fellahs qui n’ont pas remboursé les crédits contractés auprès de ces caisses et d’arrêter les procédures engagées par les huissiers et autres avocats, et ce, «jusqu’à nouvel ordre». Entre-temps, plusieurs réunions ont mis en présence les instances compétentes, pour trouver une issue favorable au drame que vivent ces fellahs, qui pour rappel, s’étaient endettés auprès de cette caisse mutuelle agricole, pour concrétiser le plan de relance de la culture du vignoble, arrêté au début de la décennie par le secteur de l’Agriculture.
Un plan qui s’est avéré bidon, ses initiateurs n’étant plus là pour veiller sur les payeurs, en l’occurrence les paysans, qui se sont retrouvés à l’issue de trois vendanges consécutives, avec plein de raisin sur les bras et… aucun transformateur censé prendre en charge ni payer leur production.
C’est ainsi que plusieurs de ces fellahs endettés ont à leurs trousses les avocats et les huissiers attachés à leur perte, alors que bon nombre d’autres dossiers sont déjà déposés au niveau de la justice. Parmi ces fellahs, s’il y en a qui se disent soulagés à l’annonce de ce gel, d’autres se disent encore plus méfiants: «C’est bien joli tout çà…», nous dira Ammi Ahmed, un vieux viticulteur au visage buriné et à la moustache conquérante.
Si cette décision s’avère annonciatrice de l’effacement de nos dettes, contractées dans des circonstances que tout le monde connaît, poursuit-il, nous ne pouvons que l’applaudir et rendre grâce à Dieu et adresser notre bénédiction au président Abdelaziz Bouteflika. Mais si le terme «jusqu’à nouvel ordre» accompagnant la note de la CNMA, veut dire que ces poursuites reprendront à notre égard, au lendemain du scrutin présidentiel, nous ne pourrons que nous élever contre un procédé à fort relent électoraliste…», a conclu notre interlocuteur sur un ton dubitatif.
Gageons que nous serons bien plus fixés sur la légitimité de ces craintes, à partir de la deuxième quinzaine d’avril, lorsque toutes les clameurs des Présidentielles se seront tues.

Source : Voix-Oranie

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