Hausse vertigineuse des prix

Du jamais vu de mémoire de Témouchentois. Une flambée des prix ? C’est peu dire. C’est carrément l’incendie ! Et pourtant, ventre oblige, les gens achètent… Certaines gens à profession. Les produits agricoles, toutes variétés confondues, s’écoulent entre 50 et 200 dinars. Inutile d’évoquer la litanie habituelle des prix qu’une mercuriale en transe a bousculés aux cimes de l’indécence. De la pomme de terre au poulet qui montre des velléités «aériennes» – il culmine à 320 dinars le kilo -, tout ce que la nature, dans son infinie générosité, produit pour l’homme est victime d’une angoissante surenchère. Ni le persil ou le céleri ni les asperges et les autres plantes sauvages n’y ont échappé. Pourtant il suffit de s’abaisser pour les ramasser. Des espèces qui, elles aussi, s’affichent à des coûts inimaginables.
Question de fruits, il faudra passer. Quand l’essentiel est de calmer la faim, s’offrir quelques oranges ou bananes relève de l’inconscience, surtout lorsque l’acheteur est un plébéien sorti des rangs de l’administration avec pour unique subsistance une pension tout juste bonne à l’embaumer. Pour ce qui est de flirter avec les supérettes et autres cavernes de l’import où le camembert «Petit moine» se mêle au chocolat «Rocher» et au hareng fumé, il n’est pas donné à n’importe qui de s’approvisionner en ces lieux souvent investis par les nouveaux parvenus. Société de consommation dites-vous ? Peut-être bien à l’ombre d’une paupérisation rampante.
Si cette situation n’est pas propre à la wilaya d’Aïn Témouchent, elle s’avère cependant assez typique au sein d’une localité dont on a coutume de dire qu’elle est à vocation agricole, sous-entendu qu’elle présente des avantages en matière de commercialisation des fruits et légumes.
Nenni, car il est établi que le niveau de vie, ici, est plus difficile à supporter qu’ailleurs. En vérité, Aïn Témouchent est une petite «Suisse»; elle l’est devenue par le temps. D’aucuns voueront volontiers à la postérité le ou les responsables qui permettront à la wilaya de s’affranchir de cette fâcheuse étiquette. Quoi faire alors ? Transformer le marché de gros ? Combattre le marché informel ? Ou obliger les agriculteurs à négocier intra-muros. Le phénomène exige des mesures courageuses à l’instar de celles prises récemment pour lutter contre les constructions illicites au niveau du littoral témouchentois. Dans cet esprit, il apparaît nécessaire, dans un premier temps, de remettre de l’ordre au sein du marché couvert du chef-lieu de wilaya. Voilà un mythique lieu commercial qui a bénéficié d’importants travaux de réhabilitation se chiffrant à plusieurs milliards de centimes mais qui, hélas, continue d’être boudé par la plupart de ses occupants, lesquels préfèrent s’installer aux abords immédiats du marché pour casser la concurrence des adeptes de la vente informelle, et cela quelques semaines seulement après la réouverture de la structure rénovée. La partie réservée aux poissonniers est aujourd’hui fermée et la chambre froide chèrement équipée n’a jamais fonctionné. «Un véritable gâchis», nous dira un ancien du métier. C’est dommage que le gros effort financier engagé n’ait pas été convenablement exploité.
Mais le consommateur n’en a cure, puisque même la sardine se fait désirer à un prix record. 200 DA le kilo ! Et dire que la wilaya recèle le plus fort potentiel halieutique du pays… La pêche, comme l’agriculture, traverse une sacrée période de crise. On a beau discourir sur les vertus de l’économie libérale mais le citoyen, lui, n’apprécie les choses qu’en fonction de la valeur du couffin. D’aucuns ont repris espoir à l’annonce de l’effacement de la dette des fellahs. Un geste de clémence dont la portée sur le pouvoir d’achat n’a pas encore convaincu les couches défavorisées. Pour l’heure, le monde l’agriculture goûte aux plaisirs de la grâce….

Source :  Echo-Oran

One Comment

  1. Lilou dit :

    Bonsoir,

    saluons la qualité de cet article!
    Quel talent

    Merci

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