Jeunesse : Traiter les racines du mal

adoL’actualité nous interpelle sans cesse, quant à la nécessite de renforcer davantage les mécanismes de protection de la jeunesse afin de répondre aux besoins de plus en plus croissants de cette frange de la population,laquelle, englobe 231.500 personnes, dont l’âge ne dépasse pas la trentaine. Récemment, de jeunes excités ont mis à sac un bloc d’habitations neuves mitoyennes au stade de football, où jouait à huis alors le CRT local. Tout près de nous, la semaine écoulée, un jeune a perdu la vie au cours d’une banale dispute au sujet d’une petite place de vendeur à la sauvette. Tous les jours que Dieu fait, des histoires de jeunes en mal d’intégration, des délits relevant de la justice viennent nous rappeler combien il est difficile, par les temps qui courent, de gérer les problèmes de la jeunesse. Des harraga ne finissent pas de défier la mort. La consommation d’alcool et de stupéfiants progresse et nos collèges et lycées, jadis épargnés, subissent, de plein fouet, les affres d’une déliquescence sociale à donner des frissons. Qu’en est-il de la wilaya d’Aïn Témouchent, avec sa côte maritime et sa proximité de la frontière ouest ? La situation semble assez préoccupante pour que le commandement de la Gendarmerie nationale décide de choisir la localité comme cadre d’expérience d’un programme initié conjointement avec la «Fondation pour la sauvegarde des droits des adolescents», que préside le Dr Dib.
La cellule de réflexion est déjà à pied d’oeuvre, aidée en cela par une institution, qui, en plus de ses missions de maintien de l’ordre, s’intéresse au devenir des jeunes et qui fait dans la prévention . A-t-elle le choix quand structures et associations, censées agir et développer des politiques de formation, de protection et de sensibilisation des couches juvéniles, se complaisent dans des actions de routine, voire dans l’indifférence pendant qu’un potentiel de jeunes en ébullition se morfond dans l’oisiveté ? les moyens existent,mais…
Le marasme perceptible au demeurent renvoie plus à une éthique de la responsabilité qu’à une question de moyens. Nous voyons comment sont encadrés les organes impliqués dans la prise en charge des jeunes, qu’ils soient du mouvement associatif ou sous tutelle des pouvoirs publics. A l’échelon local où les spécificités de chaque commune dictent les conduites à tenir, il convient peut-être de mettre en place des stratégies audacieuses conçues et menées par des personnes compétentes choisies pour leur intelligence et non pour leur niveau d’allégeance. Il est, par ailleurs, réjouissant de constater comment la problématique du chômage est en train d’évoluer grâce à une ouverture des richesses à la wilaya au partenariat national et étranger. Voila une vision pragmatique, fortement soutenue par le chef de l’exécutif de la wilaya, qui en a fait son cheval de bataille afin de créer le maximum de postes de travail et réduire de chômage, qui touche essentiellement les jeunes. Mais, cet effort titanesque est mal relayé par les secteurs en charge des problèmes de la jeunesse.
Prenons l’exemple de l’activité sportive, qui n’a pas su s’élever au diapason des acquis enregistrés par la wilaya, au cours de ces dernières années, entre autres, l’érection d’un complexe olympique, dont l’inauguration a été renvoyée aux calendes grecques. Jamais, le sport au niveau de la wilaya n’a connu une situation aussi déplorable que celle vécue durant ces quatre années passées. Des disciplines, qui faisaient la fierté de la région, à l’instant du football, de la boxe, du cyclisme, de la course à pied, plus le culturisme, ont sérieusement perdu de leur lustre d’antan. Même au plan des infrastructures sportives, notamment au niveau des communes de l’intérieur de la wilaya, des choses n’ont pas ou peu avancé. Sur les vingt-huit communes, neuf seulement disposent d’un stade, vingt et une autres d’une aire de jeu et seize d’une salle spécialisée au nombre de vingtquatre, dont trois implantées à Aïn Témouchent, deux à Chaâbat El Lham, trois à Hammam Bouhadjar et deux pour chacune des localités d’Aïn El Arba, Béni Saf et Aïn Kihel. Ces salles relèvent d’établissements scolaires dans le cadre de la pratique de l’EPS.
Deux salles omnisports, l’une réalisée au chef-lieu de wilaya et l’autre à Béni Saf. Une piscine non couverte et cédée à un privé, deux courts de tennis et un troisième, abandonné dès son achèvement, constituent tout le patrimoine sportif de la wilaya. Aucune installation nouvelle, digne de ce nom, n’est venue étoffé ce maigre potentiel. Les ligues spécialisées, quant à elles peu représentatives sur le plan compétitif, totalisent cinq mille trois cent quatre-vingts licenciés, dont mille trois cent trente en football. Hormis le basketball, qui honore une tradition bien établie, aucune autre activité n’est présente à l’échelle régionale.
Le handball a disparu, l’athlétisme se meurt, la boxe vivote, le karaté et le judo font illusion, le cyclisme se réveille et le reste des disciplines, comme le volleyball, la gymnastique, le tennis, l’haltérophilie ou la voile, est aux abonnés absents. Et pourtant, il existe une DJS. une seule maison de la culture Le creuset culturel, lui aussi, n’attire pas grand monde et, pour cause, sur les vingt-huit communes, seules, sept possèdent un centre culturel.
Les statistiques au 1er janvier 2007 dévoilent un pitoyable état des lieux : Neuf salles de cinéma, une librairie, une maison de la culture et six bibliothèques. Inutile d’ironiser sur la «rentabilité» culturelle de ces espaces, concentrés principalement au niveau de certains centres importants. Alors d’où peut venir le sursaut culturel avec de tels arguments? Certainement pas du mouvement associatif plus enclin à faire de la figuration qu’à se dépenser pour les causes justes, quand ce n’est pas pour servir d’appendice à certains partis politiques. La mentalité d’assisté, faisant de la subvention allouée par l’Etat le fondement de toute activité, a étouffé l’initiative et dévoyé les objectifs assignés statutairement à l’association. Elles sont plusieurs centaines qui, théoriquement, s’occupent des jeunes, du sport, de la culture ou des droits de l’enfant.
A travers ce douloureux constat, il est patent que la détresse morale des jeunes en situation d’attente reste tributaire de l’efficacité des structures officielles ou para-officielles, destinées au monde de la jeunesse. L’intégration des jeunes, avec l’émergence de talents dans divers domaines de l’art et de la culture, est une affaire de volonté, de compétences et d’imagination. Il n’y a pas si longtemps, nous avons émis l’idée de la tenue d’assises locales afin de poser des diagnostics objectifs avec la réflexion autour d’un plan de développement en faveur des jeunes. L’embellie économique de la wilaya et les perspectives, qui se dessinent, sont autant d’atouts, qui plaident pour une synergie de tous les secteurs concernés par le sort de notre jeunesse.

Source : Echo-Oran

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