La qualité sera-t-elle au rendez-vous ?

C’est sur fond de crise que la campagne vendanges a démarré au niveau des zones précoces de maturation. Confrontés à un problème de renouvellement de leur instance en application des statuts, les sociétaires de la Viticoop sont pour l’instant divisés et leur sort est entre les mains de la justice. Un conflit qui ne semble pas déteindre sur le déroulement de la campagne annoncé comme exceptionnel au plan de la qualité. La mévente du raisin de cuve a poussé, en effet, nombre de viticulteurs à opter pour le raisin de table, lequel apparemment s’écoule plus facilement au regard des quantités mises sur les marchés publics et en bordure des routes mitoyennes aux champs de vigne.
Les prix proposés au tout venant sont d’ailleurs nettement avantageux par rapport à ceux offerts par les différents transformateurs. Selon la Chambre de l’agriculture, le cru 2008 constituera une référence compte tenu des moyens engagés pour répondre aux sollicitations des fellahs de la filière. Un optimisme partagé par les experts de l’ITA (Institut technique agricole) qui, durant leurs récentes sorties, ont confirmé les améliorations apportées.
A ce titre, l’assistance de la Chambre de l’agriculture a permis de sensibiliser les viticulteurs quant à la nécessité de soigner les cépages afin d’obtenir des rendements de qualité. Les sociétés de transformation ont, pour leur part, promis d’acheter toute la récolte contrairement aux années passées où les difficultés de commercialisation du vin ont découragé les producteurs. En 2007, le potentiel viticole totalisait 16 473 hectares dont 12 038 en vigne de cuve. La quantité produite s’est élevée à 117 379 quintaux de raisin dont 61 331 quintaux livrés à la transformation et le reste vendu en frais, soit 48% de la production. Une mauvaise saison en vérité puisqu’elle a enregistré une diminution de 55% comparativement à l’année 2006. Pour la présente campagne, le retour de l’ONCV est un bon signe. Les transformateurs, tels que GCO, VDO, SOVAL ou COOPVIT, miseront sur les prix de cession en fonction du cépage mais le cours ne baissera certainement pas par rapport à 2007. Les prévisions tablent sur une récolte avoisinant les 240 000 quintaux, soit presque le double de la campagne précédente. Il faut souligner que beaucoup de viticulteurs ont procédé à l’arrachage de la vigne de leur propre chef, faussant ainsi les estimations.
Une attitude qui s’expliquerait par les stocks invendus de la production 2006. Une quantité de 20 000 hectolitres demeure toujours en souffrance dans les bacs, selon la Viticoop; ce qui n’est pas pour arranger la situation financière des fournisseurs de raisin, en butte à des problèmes d’endettement. Des promesses de reprise du vin stocké par des transformateurs comme VDO attendent d’être concrétisées, mais les prix de vente sont généralement négociés à la dernière minute. Une façon pour les acheteurs d’imposer leur point de vue.

Source : Echo-Oran

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