La rénovation de la flottille

chalutiersLa modernisation du secteur de la pêche, des ressources halieutiques et de l’aquaculture peut-elle réussir, sans une prise en charge effective des problèmes vécus par les gens de mer et sans la mise en oeuvre d’un programme conséquent de rénovation de la flottille, dont plus de 70 % du parc sont constitués de petits métiers et bateaux dont l’âge moyen dépasse 20 ans. Monsieur Smaïne Mimoune, ministre de la Pêche a fait de la modernisation son cheval de bataille, alors que matelots, armateurs et autres travailleurs ont déploré le fait que le représentant du gouvernement n’ait daigné les rencontrer pour entendre leurs préoccupations et enregistrer leurs doléances.
«A quoi ça sert le déplacement d’un ministre de la Pêche qui ne s’intéresse pas à ce qu’endurent les matelots», s’est interrogé l’un d’entre eux quand le ministre est arrivé tardivement au port de Béni-Saf. Cependant, des observateurs se sont demandés pourquoi le ministre ne s’est pas rendu à la ferme aquacole de Oulhaça qu’il considérait lors des précédents visites comme son propre projet ou sa carte de visite. Pour des raisons ignorées à ce jour, cette ferme est à l’arrêt. Faute de pouvoir rencontrer son gérant, les spéculateurs versent beaucoup de critiques et commentaires à son sujet, sans pour autant décrypter le moindre indice révélateur. Les marins n’ont pas lésiné sur les mots à placer lors de cette visite. «Le poisson meurt de vieillesse et à cause d’une flottille obsolète les marins ne peuvent s’aventurer pour le rechercher», s’exclament des pêcheurs impuissants ou infiltrés par la main de ce qui est qualifié de baron, la profession n’arrive pas à unir ses rangs autour d’un mouvement syndical fort. Et pourtant, tous les points forts sont réunis pour le faire, à commencer par citer les problèmes socio-professionnels qui s’accumulent et s’accentuent d’une année à une autre.
Les allocations familiales qui suivent les rôles de domiciliation des bateaux sont la goutte qui a fait déborder le vase. Est-il pensable que la CNAS agit de la sorte, alors que l’identification de la caisse est une et indivisible à l’échelle nationale. Interrogé à ce propos, le représentant de la direction de la Pêche au port de Béni-Saf avait soutenu qu’à son niveau des rapports ont été faits et adressés aux instances habilitées pour trancher cette question. Son vis-à-vis, le directeur de la Pêche et aquaculture d’Aïn Témouchent estime que la CNAS dispose des fichiers informatisés, et par conséquent, cela ne doit pas constituer un frein et un blocage. Par ailleurs, les matelots trouvent illogiques de payer l’IRG, un impôt devenu obligatoire depuis quelques années. Sur ce plan précis, les avis ne sont pas unanimes mais pensent que le taux imposable doit être revu à la hausse.
Le ministre a, par ailleurs, abordé la situation du port de Bouzedjar où il a suivi une démonstration de l’élévateur d’une flèche importante et de capacité d’élevation de 200 tonnes. Selon le représentant du gouvernement, le port de Bouzedjar à gestion EGPP d’Oran sera transformé en un poste industriel d’envergure. L’on ne sait pas s’il s’agit d’une proposition que veut formuler le ministre ou bien cela a été discuté et tranché par le gouvernement. En outre à Sbiat, la ferme aquacole devait retenir l’attention de la délégation. Ce projet (50 % d’avancement) produira à partir de 2009 pas moins de 1.500.000 alvins et 500 tonnes de poissons. Le coût global est de l’ordre de 740.000.000 DA. La modernisation du secteur de la pêche passe par la rénovation de la flottille.

Source : Quotidien-Oran

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