La simplicité de Younsi et les colères de Hanoun

La campagne électorale est sortie de sa léthargie, à en juger par l’engouement qu’ont suscité les données successives de trois ministres, en l’occurrence MM. Djamel Ould Abbès, Tayeb Louh et Cherif Abbès et Louisa Hanoun, prétendante au fauteuil présidentiel du Parti des Travailleurs. Au milieu de ce ballet protocolaire amplifié par de zélés soutiens, le personnage de Younsi semble sortir des clichés et scénarios utilisés pour séduire le maximum d’électeurs. Le candidat dit de la mouvance islamiste est descendu à Aïn Témouchent presque en incognito. Il a préféré le contact direct avec les gens. Sans suite ni look voyant. Et l a tactique a été payante puisque Djahid Younsi a conquis la sympathie des citoyens qu’il a approchés. Il a usé de leur langage et essuyé des réponses parfois désabusées auxquelles il a donné un sens en défendant sa conception du changement.
Applaudissements et poignées de main ont ponctué ses interventions. Il n’a pas résisté à l’émotion lorsqu’on lui a présenté un handicapé qui revendait des boulons et des clous pour nourrir sa famille. Younsi a craqué et n’a pu retenir ses larmes. Difficile de douter de la sincérité de telles réactions. Une campagne par définition est sujette à toutes sortes de débordements.
Louisa Hanoun pour sa part a été fidèle à son discours politique. Accueillie à la maison de la culture par de nombreux supporters, la candidate du Parti des Travailleurs s’est déclarée ravie de se trouver en face d’une salle enthousiaste composée essentiellement de jeunes venus des quatre coins de la localité : «Vous êtes là par votre seule volonté. Personne n’a fait pression sur vous. Ce n’est pas notre style», commencera-t-elle à dire avant de s’en prendre aux réformes économiques et de citer l’exemple du Brésil où le Parti des Travailleurs est au pouvoir après près de 18 années de lutte.
Elle stigmatisera la décision du gouvernement qui a volé au secours du FMI, celui-là même qui a «étranglé» l’économie nationale dans les années 90. «En prenant 48 milliards de dollars au FMI, l’Algérie a pris le risque d’hypothéquer son développement dans une conjoncture mondiale en recul», plaidera la S.G. du P.T. qui est revenue sur le phénomène des harraga en plantant dans banderilles dans le dos des députés qui ont osé «criminalisé» un acte de désespoir : «Ils touchent 30 millions de centimes et ne se soucient pas du sort des jeunes chômeurs », clamera-t-elle à l’endroit des parlementaires aux côtés desquels elle siège et qu’elle qualifie de «fonctionnaires de l’Etat». Mme Louisa Hanoun, dans sa diatribe contre la politique de marginalisation des couches populaires (retraités, employés, chômeurs diplômés…), cible le capital privé : «Il est inconcevable qu’à Aïn Témouchent la sardine coûte aussi chère qu’à Alger. La pêche doit être un secteur souverain à l’abri des grands affairistes», a-t-elle souligné.
Pour ce qui concerne la mesure d’effacement de la dette des agriculteurs: «Elle ne profite qu’à la maffia», ajoutera Louisa Hanoun devant ses partisans de la wilaya, plus motivés que jamais.

Source : Echo-Oran

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