La ville vit l’espoir d’une baisse des prix

A trois jours de la fête de l’Aïd-el-Adha de l’année 1429 hégirienne, les familles témouchentoises, au revenu limité, restent dans l’expectative d’une annonce providentielle, porteuse d’une baisse sensible des prix du mouton du sacrifice au niveau du marché de la «Souika». Selon H.M. éleveur de son état, connu sur la place de Aïn Témouchent, la baisse pourrait provenir de plusieurs facteurs. En premier lieu, la sécheresse menaçante, qui selon lui, est partie pour durer. «Cette perspective obligera sûrement les éleveurs à laisser tomber les maquignons, pour ne penser qu’à leurs propres intérêts. Combien de fois n’a-t-on vu en effet, les éleveurs proposer aux acheteurs modestes, par plateaux entiers et à des prix défiant toute concurrence, les ovins ramenés du sud et qu’ils ne tiennent pas à ramener, pour ne pas avoir à payer les frais de bouche et de transport supplémentaires», estime notre interlocuteur. Il faut dire que les moutons engraissés ont nécessité beaucoup de dépenses et de soins onéreux payés aux vétérinaires, pour les garder en bonne santé.
Le second facteur, toujours selon la même source, revient à la cherté des aliments du bétail. Des prix qui varient entre 2.400 et 4.000Da le quintal, selon la qualité de l’aliment et son apport nutritif. A titre d’exemple, le son issu de la trituration du blé tendre est coté à 1.500Da. L’orge aux qualités nutritives reconnues, atteint les 2.500Da le quintal.Quant au troisième facteur, il a trait aux maladies contagieuses, souvent générées par une longue sécheresse, à l’image de la «blue tongue» (fièvre catarrhale) ou de la clavelée. Comme le ciel est désespérément bleu, il suscite déjà l’angoisse au sein des gros éleveurs et mêmes des agriculteurs qui pratique le petit élevage pour augmenter leurs revenus.Notre interlocuteur connaissant parfaitement le marché, nous a également révélé que d’importants troupeaux de cheptel traversent clandestinement nos frontières, vers nos deux pays voisins, ce qui contribue également à faire flamber les prix. A titre indicatif, un mouton engraissé et coté localement à 25.000Da, se vendrait au Maroc à 4.500DH, soit l’équivalent de 45.000Da et 6.500DT en Tunisie, correspondant à 65.000 de nos dinars.Les citoyens restent dans l’expectative, au vu de la faible demande relevée au marché hebdomadaire d’Aïn Témouchent, que les chefs de famille ont tendance à fuir, au profit des petits éleveurs de la région de Aïn El-Arbaâ ou de la plaine de la Mleta. Ceci au moment où les produits de large consommation, ainsi que les fruits et légumes atteignent également des sommets sans précédents. C’est ce qui incite nos associations caritatives à faire appel aux bienfaiteurs et autres âmes charitables parmi les plus nanties, pour égayer la fête des pauvres et des orphelins, conformément à nos préceptes religieux. Qu’il est loin le temps où l’Etat importait des ovins d’Australie ou d’Argentine, pour égayer nos foyers…», déplore un retraité de l’Education, qui se console à l’idée qu’il n’a plus de dents pour les planter dans une côtelette.

Source : Voix-Oranie

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