La viticulture face aux statistiques controversées

raisinOrganiser des points de presse avec des directeurs de l’exécutif est devenue une «Sunna Hamida» dans la wilaya d’Aïn Témouchent. Après celui tenu la semaine passé et animé par le responsable du secteur de la Culture Monsieur Bouchahlata Mohamed, ce lundi, c’était le tour de Monsieur Houari Athmar, le directeur des Services agricoles. Celui qui l’écoutait pourrait déduire que l’agriculture dans la wilaya va de mieux en mieux et les agriculteurs ont atteint un niveau de prospérité enviable et des signes de richesses avérés, alors que la réalité du terrain et tout autre.
Déjà, en matière de statistiques, on relève des contradictions d’un rapport annuel à un autre ! Le parc viticole, qui existait avant le lancement du PNDA à partir de 2000, était selon son prédécesseur de 8.500 ha. A une certaine période, le parc global y compris l’existant était estimé à 22.000 ha, jeunes plantations en production ou non incluses; or le DSA, en réponse à une question posée, a situé le verger viticole à 16.981 ha dont 4.435 en raisin de table tout en apportant la précision que l’arrachage a touché 700 à 1.000 ha. Qu’est devenue la différence ? C’est-à-dire 4.019 ha environ. Faut-il comprendre que les chiffres qu’il avait présentés à la presse sont les vrais et ceux donnés antérieurement sont faux. Le recoupement d’informations montre un écart quelque peu intolérable et suscite des interrogations non des moindres. Par ailleurs, si la wilaya d’Aïn Témouchent occupe la première loge en terme de production (60 % de celle produite à l’échelle nationale), cela amène les spécialistes à se demander pourquoi la région n’a pas bénéficié d’une usine de distillerie, alors que par le passé, il y avait deux à Hammam Bou Hadjar et Hassi El-Ghalla ? Est-ce que ceux qui se sont succédé aux postes de commande du secteur n’ont pu convaincre les parties habilitées à se prononcer sur la faisabilité du projet afin d’aboutir l’inscription du projet ? Au début, c’était l’ONCV qui devait procéder à la réhabilitation de la distillerie de Hassi El-Ghalla, mais selon des informations, l’étude de diagnostic a révélé que la rénovation coûtait le prix d’une nouvelle usine et que le bâti existant menaçait ruine.
Qui pourrait oser aborder ce sujet pendant que le marché national avait connu une mévente des produits vinicoles pour moult raisons dont la saturation de la production à l’échelle nationale ? Les péripéties vécues par les viticulteurs du témouchentois, durant la période allant de 2003 à 2006, ont généré une réticence avérée de la part des viticulteurs, déçus de voir leurs doléances mises aux oubliettes. Une conséquence fâcheuse qui a enclenché un arrachage quasi anarchique. Fort heureusement que «60 % de ce verger a été reconverti en céréale», un chiffre communiqué par le DSA et que l’on prend sous réserve, faute d’un organisme statistique et étant donné que ce taux est estimé par l’administration. Ce qu’il faut retenir du point de presse qu’a développé le DSA est que la viticulture ne doit pas squatter les terres arables à haut rendement céréalier comme cela a été fait dans la région de Aïn El-Kihal, Aïn Témouchent, Aghlal, Aoubellil, une région classée par les services agricoles à haute intensité céréalière. Aujourd’hui, le secteur envisage de mener une stratégie «privilégiant la qualité sur la quantité», expliquait l’autorité agricole. Elle concerne à mettre en oeuvre des programmes de plantations orientées vers les espèces résistantes à la sécheresse (lesquelles ?). Avons-nous la matière végétale nécessaire pour concrétiser ce plan ? Existe-t-il des pépinières répondant à ces critères de choix actuellement ? Il ne faut pas perdre de vue que le PNDA a été lancé avec précipitation sans tenir compte de ces préalables et sans y songer. Et c’est à cela qu’il faut réfléchir pour ne pas tomber dans les erreurs du passé.

Source : Quotidien-Oran

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