Le Chef spirituel de la troupe «Touat»

music«Touat», la troupe folklorique existe depuis 1865. Rattachée à sa naissance à la zaouïa de Moulay Tayeb, elle se transforme en association pour la transmission et la promotion du folklore en 1972. Ammi Ahmed son chef spirituel, -ancien agent de la commune d’Aïn-Témouchent aujourd’hui en retraite- fait un état des lieux du patrimoine. Il en parle avec expérience et lucidité…
-La Voix de l’Oranie: Quelle signification donnez-vous au mois du patrimoine?
-Ammi Ahmed: Le patrimoine est la mémoire collective d’un peuple, c’est son identité culturelle. L’Algérie est riche tant pour son patrimoine culturel matériel qu’immatériel. L’institution de ce mois du patrimoine est une excellente initiative. Ce qui a permis à toutes les wilayas de mobiliser les énergies et les moyens pour célébrer le mois.
-Beaucoup s’inquiète de l’absence de la troupe folklorique «Touat» de la scène, qu’en dites-vous?
-Il faut distinguer deux choses. La troupe est régie actuellement pour un statut d’association culturelle folklorique. Elle est sollicitée selon la demande des pouvoirs publics et partenaires, wilayas, directions de Culture et de jeunesse… etc. Cependant, la troupe initiale composée de personnes âgées se manifeste dans les ziaras (waâda), entre autres celle de Moulay Tayeb d’Aïn- Témouchent, Sidi El-Hasni à Oran, à Saïda. Mais le Tbal (Derbouka, Bendir), la cornemuse (Chekoua) et le baroud sont toujours présents lors des célébrations de fêtes nationales.
-Comment faites-vous pour inciter vos enfants à prendre la relève et continuer votre action?
-Comme tout le monde le sait, le genre Touat est originaire du grand Touat, dans la wilaya d’Adrar. De père en fils, il persiste encore à Aïn-Témouchent. Seulement nos jeunes ont tendance à abandonner cet héritage culturel, parce que généralement ils sont traumatisés par le chômage et les difficultés quotidiennes. Ce qui est anthropologique et culturel.
-Quelles sont les actions que vous préconisez pour avancer? Et quels sont les acteurs les plus concernés?
-Avant tout, l’Etat. Les responsables doivent développer une politique audacieuse pour préserver le patrimoine. Il faut accorder une grande importance à la question. Sur le plan financier, nerf de toutes les activités, les associations qui se préoccupent du patrimoine doivent avoir une autonomie financière assez large pour répondre à ses besoins et par conséquent encourager la formation et la relève. L’objectif fixé est la formation des jeunes à aimer leur folklore avec fierté et abnégation. Il y a aussi le rôle primordial et déterminant des comités de fêtes installés au niveau des communes afin de relancer l’animation folklorique.
-Vous semblez préoccupé par cette situation?
-Franchement, nos jeunes manquent de maturité culturelle et négligent l’intérêt du folklore Touati. Ce patrimoine, un miroir qui reflète notre personnalité algérienne. Qu’il faut préserver et transmettre. Pour cela l’Etat doit encourager les échanges culturels entre et à l’intérieur des wilayates. C’est à dire entre les communes. A Aïn-Témouchent, on est fier de voir une pléiade de groupes folkloriques aussi diverses que multiples dans notre pays. Et Dieu merci, l’Algérie s’est rétablie et ses valeurs culturelles ressuscitent de jour en jour.

Source : Voix-Oranie

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