Le malaise de la jeunesse en débat

adoLa Fondation algérienne des droits de l’enfant et des adolescents a choisi la localité d’Aïn Témouchent pour y donner une conférence sur les problèmes que vit la jeunesse. Le nouvel Institut de la formation professionnelle a étrenné, en cette occasion, son superbe amphithéâtre et invité les stagiaires à suivre le déroulement de cet événement présidé par la directrice de la Formation professionnelle de la wilaya, Mme Ghit Malika, en présence du directeur de l’institut et de plusieurs officiers de la Gendarmerie nationale. Après la projection d’un film document relatant les différents maux qui rongent les couches juvéniles et qui interpellent l’ensemble de la société, le président de la Fondation, le docteur Dib Nacer, a pris la parole pour passer en revue les multiples facettes qui caractérisent le comportement des jeunes face à la drogue, la contrebande, la sexualité, l’alcool… etc.
Usant d’un discours sans ambages puisé dans le lexique propre aux jeunes en rupture de ban, l’orateur a brossé un tableau très imagé des tares qui minent le devenir de la jeunesse. Il citera des cas concrets, souvent inédits, pour souligner que la descente aux enfers ne tient parfois qu’à un fil. Une rencontre galante qui tourne au drame, un joint fumé par curiosité, une offre de travail suspecte, une intégration calculée au sein d’un groupe…
Les approches malsaines peuvent revêtir plusieurs formes. Profitant de la misère et de la naïveté des êtres innocents fragilisés par la conjoncture économique, les voyous et autres escrocs ne s’embarrassent pas de scrupules pour jeter dans la gueule du loup des enfants et des adolescents. Les statistiques relatives au domaine de la délinquance sont édifiants à cet égard et les faits divers rapportés quotidiennement par la presse sont également révélateurs d’un profond malaise. «Au niveau de l’Ouest du pays, dira le conférencier, les phénomènes des ‘harraga’ et des ‘hallaba’, ajoutés à la montée en puissance du trafic de stupéfiants, ont aggravé la crise sociale.
Les causes de ces dérives sont connues: chômage, mal vie, pauvreté, perte de confiance vis-àvis des institutions étatiques… etc». Des impressions que le débat a largement mises en lumière. Les jeunes stagiaires de l’institut se sont exprimés sur leur condition et leurs aspirations. Le manque de débouchés après la formation, les mauvais exemples de réussite sociale dus à la rapine, l’indifférence affichée à l’endroit des jeunes talents dans des activités comme la musique, le sport ou l’écriture, l’absence d’écoute… etc, ont été tour à tour évoqués par les participants à cette conférence. La Fondation des droits de l’enfant et de l’adolescent, de par sa vocation qui est avant tout d’agir au niveau de tous les espaces investis par les jeunes afin que leurs droits très plus élémentaires reconnus par les textes nationaux et internationaux soient respectés et défendus, gagnerait à militer davantage en faveur de ces missions au lieu de poser des diagnostics au demeurant assez médiatisés.
Les actions de sensibilisation portées par des supports visuels, des bulletins d’informations, des prospectus ou des affichettes, sont édifiantes et ont une valeur pédagogique. La Fondation des droits de l’enfant et de l’adolescent a toutes les raisons de s’y plier, mais en s’inspirant de ses véritables buts censés promouvoir les droits des jeunes inscrits dans les textes législatifs.

Source: Echo-Oran

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