Le président de «Touat Sidi Saïd»

«Touat Sidi Saïd» est une entité qui est née en 2006. Cette association d’Aïn Témouchent a une sœur jumelle, l’association «Moulay Tayeb». Ces deux associations sont issues de la zaouïa «Touat» qui a été créée en 1865. Mourida Kouider, membre fondateur et président de l’association «Touat Sidi Saïd», est commerçant de profession comme on le dit communément «dans la vie civile». Fils d’un ancien membre de la zaouïa, Mourida Kouider est âgé de 36 ans.Il assume le rôle de régulateur de la mesure dans les exhibitions de la troupe en maniant son tromblon, toujours sous l’œil attentif de son maître Ammi Ahmed.
-La voix de l’Oranie: Vous avez célébré la waâda annuelle de Sidi Saïd à Aïn Témouchent. Quelles sont vos conclusions?
Mourida Kouider: (Soupirs). Nous avons difficilement célébré cette waâda. Le moment central de l’événement, la «Ziara» annuelle a été tenue avec un retard considérable. En principe, elle devait avoir lieu en été. Le manque de moyens financiers en est la principale cause. Mais il faut dire que la waâda a été réussie et ce, grâce au concours et au soutien des responsables de l’APC d’Aïn Témouchent que les membres de notre association saluent pour leur effort.
-Quels sont les faits marquants que vous avez enregistré lors de cette waâda?
-C’était un festival folklorique. Des troupes touaties sont venues d’Oran, (Médioni pour la première fois), d’Ouled Mimoun (Tlemcen) dont la troupe a repris après une absence de terrain qui aura duré trente années. Il y avait aussi la participation de la troupe de Saïda et celle de Menia (Ghardaïa). Durant trois jours, la monotonie et le stress étaient brisés à Aïn-Témouchent et la joie retrouvée par la population qui aime les percussions des derboukas, les déflagrations du baroud et les mélodieuses sonorités de la cornemuse.
-Comment voyez-vous l’avenir du folklore à Aïn-Témouchent?
-De tout temps, on dit qu’Aïn-Témouchent a été une ville animée. Vous savez, en 1986, elle a abrité le premier Festival international des danses populaires. Actuellement, le folklore suit et traverse des moments difficiles. Fautes de subventions et de soutiens financiers, il ne durera pas longtemps. Dans notre association, les membres sont au chômage et ne pourront pas remplir la mission que nos parents s’assignaient autrefois. Psychologiquement, nos éléments sont démissionnaires.
-Mais il existe une solution selon vous? Que proposez-vous?
-Soyons logiques. Nous avons vu un chanteur venu d’ailleurs, toucher des dizaines de millions de centimes pour un gala musical qui aura duré à peine une heure. Alors que l’association Touat existe et anime à longueur d’année, les fêtes nationales, religieuses et locales. Sans pourtant percevoir le quart du pécule ou plutôt le cachet qu’a touché ce chanteur. Maintenant, si les pouvoirs publics considèrent que le patrimoine immatériel contribuera au tourisme local, il est souhaitable que le budget de la wilaya consacre des enveloppes conséquentes aux troupes actives à l’échelle de la wilaya. Bien sûr, dans le but de préserver cette richesse et créer de l’animation culturelle. Et par conséquent, former les jeunes dans un cadre artistique et culturel. Il faut financer les associations folkloriques au même titre que les groupes sportifs. Le soutien des associations folkloriques est une urgence pour le pays.

Source : Voix-Oranie

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