Le ramassage des ordures «version 2008»

ordureVoilà une scène que l’on croyait exceptionnelle dans la mesure où les APC, par manque de moyens, sont obligées dans une conjoncture difficile de recourir au système «D». Mais la situation que nous allons décrire semble s’installer dans la durée. Nous sommes à Aïn Témouchent, jadis surnommée la « Coquette». Une localité où il fait bon vivre selon tous ceux et celles qui l’ont connue. Une localité qui est sou vent citée en exemple en matière de construction de logements. Le décor de notre sujet se trouve quelque part du coté de la mosquée Abderrahmane Ibn Aouf. Des agents chargés du nettoiement s’affairent à débarrasser une ruelle des déchets domestiques entreposés sur les trottoirs.
Il est neuf heures du matin passé et l’équipe des éboueurs, scindée en plusieurs unités, ne porte aucune tenue de travail ni un signe distinctif. Muni d’une simple paire de gants, l’agent que nous avons surpris en train de traîner un sac blanc récupéré de chez l’épicier du coin, et qui devait avoir certainement contenu du sucre ou de la farine, passait d’une poubelle à l’autre pour les vider de leurs ordures. Une fois le tronçon de la ruelle qui lui imparti terminé, l’éboueur tracte le sac à l’aide d’une ficelle tout le long de la chaussée pour aller à un endroit censé recueillir tous les déchets ramassés par les collègues affectés au district. C’est à partir de ce lieu provisoire de ralliement que seront chargées les ordures au passage du camion communal dont l’itinéraire rappelle celui d’un bus avec ses points d’arrêt. A la différence que, là ce sont les ordures qui sont embarquées.
La méthode, outre son caractère archaïque et anarchique relevant d’un autre âge, est porteuse d’une série d’avatars dont nous en énumérons quelques uns : primo, faute de matériel adapté, les agents laissent toujours derrière eux des déchets au cours du ramassage. Secundo: si le procédé arrange les équipes et leur fait gagner du temps, il n’en demeure pas moins que cela ressemble à du bricolage ; d’autant que le fait de traîner un sac dégoulinant de saleté sur la chaussée, pour ensuite la transborder sur un camion ordinaire, constitue, pour le moins, une offense à l’image de marque d’une cité comme Aïn Témouchent, au moment où l’Etat est en train de consacrer une fortune au profit de l’aménagement urbain. Les coûteuses opérations d’embellissement engagées ne peuvent s’accommoder d’un système de collecte des ordures aussi désuet, et en décalage avec les avancées enregistrées dans d’autres secteurs.
Enfin, il faut savoir que la commune d’Aïn Témouchent se plaint du manque d’engins spécialisés pour l’entretien de la voierie. Les actions inscrites dans le projet «Algérie blanche» se doivent d’être soutenues pat des moyens conformes aux ambitions de la localité. L’hygiène publique reflète l’engagement des élus et leurs capacités à transcender les problèmes élémentaires que vit le citoyen…
Nous nous sommes fait l’écho d’un appel des habitants du quartier de la CNEP/Douanes sous le titre «Un chantier abandonné», sans résultat. Les tas de gravats laissés en bordure de trottoir ne se transforment peu à peu en dépotoir. Cela peut e vérifier.

Source : Echo-Oran

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