Les EAC – éclatement ou collectivisation

agricultureFaut-il aller vers l’éclatement des collectivités agricoles relevant du domaine public privé de l’Etat, ou vers une collectivisation modulaire spécialisée dans la pratique d’une spéculation agricole donnée ? Qu’en pensent les responsables du secteur et qu’en disent les agriculteurs des exploitations agricoles collectives ? En termes de planification, les objectifs du gouvernement peuvent-ils se réaliser ? Faut-il comprendre que la notion de collectivité est un handicap qu’il faut niveler pour élaguer des problèmes posés depuis des années ? Ou bien le partage virtuel déjà opérationnel sur le terrain nécessite sa légalisation par des actes ? Ce panier d’interrogations, martèle l’opinion publique, excite des responsables à tous les niveaux décisionnels et exécutifs, taquine la curiosité de bon nombre d’observateurs avérés et amène les planificateurs à mesurer le pour et le contre de la faisabilité de la poursuite de l’éclatement des EAC ou de les regrouper de nouveau. Mais ce qui intéresse l’observateur est de connaître que pense la base agricole de ces deux éventualités.
A Aïn Témouchent, l’on s’autorise à avancer que le clan favorable à l’éclatement domine avantageusement et ne laisse que de faibles probabilités pour le second qui milite pour un regroupement des EAC. Le nouveau projet de textes sur le foncier agricole relevant du domaine public privé de l’Etat n’a été que sommairement épluché et égratigné par la profession elle-même, connaissant des difficultés faute de moyens, sans doute, pour creuser davantage la réflexion sur le sujet et le débattre en profondeur sous tous ses aspects. L’éclatement des EAC en collectivités individuelles va certainement régler des problèmes d’ordres organisationnel, financier, structurel et bancaire des handicaps qui hantaient les agriculteurs depuis des années, mais sur un autre plan cela ne règlera en rien la problématique en matière de planification des objectifs de l’Etat qui nécessitent de grandes étendues pour lancer des programmes de développement de l’agriculture relatifs, aux grandes cultures stratégiques visant à assurer une sécurité alimentaire telles que les céréales et les légumes secs notamment.
Cette direction est ce que veut promouvoir le second clan à présent minoritaire, mais à prendre dans les comptes et à admettre comme référence si l’on se réfère aux sondages établis sur des échantillons d’avis localement collectés mais constituant un courant d’opinions qu’il faut prendre en charge. Il ne reste à l’Etat que les fermes pilotes actuellement ébranlées par de sérieux problèmes ne datant pas d’aujourd’hui, et dont la superficie globale ne dépasse pas 2 % par rapport à la SAU, un cas qui correspond à Aïn Témouchent et qui sert d’exemple pour illustrer notre thèse. La solution alternative est que les responsables du secteur de l’Agriculture optent pour une troisième voie en plus des deux premières.
Celle-ci doit laisser le champ libre à des agriculteurs d’une même région et surtout ceux dont les terres étaient détenues par les anciens DAS pour se constituer en groupements d’exploitation spécialisés dans un domaine d’activité ciblé à condition que l’Etat favorise leur lancement par des subventions et des programmes culturels suivis par des experts durant une période de trois ans, le temps que le groupement se mette en marche effective. C’est de cette façon là qu’on peut faire de la planification et c’est de cette manière qu’on peut avoir des statistiques fiables et faire des prévisions correctement.

Source : Quotidien-Oran

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