Les forêts et les priorités

jardinRiche d’une longue expérience qui a donné des résultats satisfaisants à Mostaganem et Médéa où il a exercé durant une décennie, le nouveau directeur des Forêts de la wilaya d’Aïn Témouchent a besoin d’un round d’observation pour prendre connaissance de la situation générale de son secteur pour mieux agir par la suite.C’est ce qu’on a pu dégager comme lecture lors de notre dernier entretien. Ce que l’on a décrypté, de prime abord, est qu’il paraissait contre des actions de saupoudrage, une pratique usitée par les anciens conservateurs non pas parce que c’était leur bon vou-loir mais parce que ces derniers ont été confrontés à de sérieux problèmes fonciers à telle enseigne qu’ils n’étaient pas en mesure de projeter des opérations de restauration de sol d’envergure à cause de la nature juridique des terrains.
Le nouveau titulaire de la conservation vient avec l’idée principale que tout doit passer par des études qui déterminent les impacts et les occupations du sol en végétations à essence forestière ou arboricole rustiques et utiles. Sa vision globale s’intéresse aussi aux programmes de développement intégrés à mettre en oeuvre avec les secteurs des ressources en eau, des services de l’agriculture et des travaux publics. Cette optique est à développer et renforcer surtout quand il s’agit de traitement de bassins versants des oueds à forts apports annuels et menaçant des agglomérations, des routes et des terres agricoles. Les dernières inondations qui ont ébranlé la ville de Aïn El-Arbaâ sont un exemple édifiant. Pratiquement un schéma d’aménagement s’impose de lui-même et ne doit pas concerner uniquement les parties amont de oued Serrague et oued Azzoun mais aussi les parties aval car les débits de crue sont observés au niveau des exutoires de ces cours d’eau, c’est-à-dire à leurs embouchures respectives. Et c’est à ce niveau- là que les ouvrages traversant chemins communaux, vicinaux et agricoles doivent être bien dimensionnés en fonction des impluviums.
Malheureusement ce n’est pas le cas et l’on comprend maintenant pourquoi l’on enregistre des dégâts au niveau de la plaine de la M’leta qui draine, via les oueds de Tanedjroufa, El Bel, El Hammam, El Ghassoul, El Himeur, Essabah et Azzoun, pas moins de 30 millions de mètres cubes d’eau par an, des eaux qui se perdent dans la sebkha d’Oran. Les quatre secteurs cités doivent ensemble se concerter pour entreprendre des programmes de développement intégrés pour le réseau hydrographique du bassin nord de Tessala. A priori, le cadastre forestier s’impose de lui-même et constituera un support et un guide de travail déterminant pour le développement du secteur.

source : le Quotidien-Oran

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