Les prix des produits alimentaires inaccessibles

Le marché couvert qui vient de rouvrir ses portes, sous un nouveau look qui aura tout de même coûté la bagatelle de deux milliards et quatre cents millions de centimes, comprend 61 stands, 08 boucheries et 6 étals de poissonniers. Pour l’instant, mis à part quelques anciens marchands de fruits et légumes dont les étalages sont bien achalandés et à la hauteur du standing retrouvé du vieux marché, le reste des vendeurs n’ont pas grand-chose à proposer sinon que des bouquets de persil ou de céleri taxé à 20 DA.
Face à cette mercuriale exceptionnelle, le consommateur témouchentois a tendance à aller chercher ailleurs du côté des souks d’Oran ou de Tlemcen afin de réaliser des économies sur le couffin. Il est notoire que certaines places commerciales comme les marchés de la rue Aurès et du quartier de Maraval (Oran) ou celui de Remchi (Tlemcen), pratiquent des prix nettement plus accessibles. Qu’est-ce qui fait alors que la localité d’Aïn Témouchent est classée parmi les villes du pays où le coût de la vie reste des plus élevé ? Sa situation géographique ? Pas si évident, la wilaya se trouve au carrefour de trois pôles économiques : Oran, Sidi Bel Abbès et Tlemcen. Les faibles capacités de production ?
Encore moins, étant donné le caractère agricole de la région qui abrite des zones maraîchères assez fertiles à l’instar des jardins de Oulhaça, Terga, Bouzedjar ou Aïn Témouchent. Pourquoi alors les prix des fruits et légumes ici sontils supérieurs à ceux des wilayate voisines? D’aucuns s’attendaient à la faveur de l’ouverture de la double voie reliant Aïn Témouchent à la capitale de l’Ouest à une meilleure disponibilité des produits agricoles et à des coûts, à tout le moins, identiques à ceux affichés à Oran ou Tlemcen.
Pour l’instant, il n’en est rien. Jugez-en : les dattes vendues entre 250 et 320 DA dans la ville de Sidi Saïd, sont proposées à la «bastille» à 250 et 300 DA. La tomate de 1er choix écoulée à 50 DA au marché couvert nouvellement aménagé est proposée à 30 DA à M’dina Djdida. La poire moyenne, pourtant en abondance ne dépasse pas à Oran les 40 DA. A Aïn Témouchent, elle est fixée à 60 DA, voire 70 DA. Les fruits et légumes en général demeurent abordables plus à Oran que dans n’importe quelle autre ville de l’Ouest. Des initiés imputent cette différence de prix au dynamisme des mandataires oranais qui n’hésitent pas à mobiliser des moyens de transport pour se déplacer chez les producteurs là où ils se trouvent.
De même que ces derniers travaillent souvent avec une clientèle fidèle, prête à acheter selon des règles établies à l’avance. Les fellahs de la wilaya d’Aïn Témouchent et surtout de la daïra de Oulhaça prennent en compte les frais de transport et les risques de la route. Ils préfèrent vendre sur pied quelle que soit la destination de la marchandise. Le manque de chambres froides, paradoxalement, lorsque la production est importante, influe positivement sur les prix évitant la rétention des produits et accélérant la distribution à l’avantage du consommateur. En tout état de cause beaucoup misent sur le futur marché de gros d’Aïn Témouchent pour renverser la tendance.

Source : Echo-Oran

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