Les producteurs de lait dénoncent

Ces obstructions travaillent à saborder la filière lait en Algérie, en faveur du lait en poudre, cela au profit de la collusion d’intérêts liés à l’import. Réunis sous la férule de la Chambre d’Agriculture, les adhérents de l’association des producteurs de lait ont dénoncé les blocages qui pénalisent localement leur filière. Ces obstructions ont été assimilées par certaines voix à une action confortant celles qui, à des niveaux plus élevés, « travaillent à saborder la filière lait en Algérie, comme cela a été accompli dans d’autres pays, en faveur du lait en poudre, cela au profit de la collusion d’intérêts liés à l’import ». Localement, il est reproché à la DSA de faire de la rétention de l’information pour ce qui touche les actions de soutien décidées par l’Etat en faveur de l’agriculture : « Parfois lorsqu’il nous arrive d’en apprendre l’existence, l’on nous répond que ces subventions ont été supprimées une année ou deux après leur mise en place ».
Le représentant du DSA confirma malgré lui ce propos lorsqu’il eut à évoquer les subventions au titre de l’ensilage et la construction d’étables pour révéler qu’elles venaient d’être supprimées. Sur ce, le président de la C.A intervint pour décliner toute responsabilité quant à la circulation de l’information, indiquant que bien qu’étant un partenaire incontournable de la DSA, son institution est victime de rétention de l’information. Le représentant de la DSA confirma encore indirectement en expliquant que « c’est sous le poids des tâches » qu’il arrive que l’information n’aboutisse pas à la C.A. Au cours des interventions, les contestataires citent parmi les actions « sabordées » qui leur tiennent le plus : Le soutien à l’acquisition de cuves de réfrigération, chariots trayeurs, équipements de salle de traite, le soutien à l’insémination artificielle bovine, et le soutien aux pépinières de génisses. Il fut également question du Rfig qui n’a été accordé qu’à un seul producteur de lait et qui, sur les 12 000 agriculteurs de la wilaya, n’a profité qu’à 110 d’entre eux. Dans sa réponse le représentant du DSA explique que c’est une moyenne de 80% des dossiers qui est validée pour tous les dossiers de crédits et de soutien, rejetant la faute sur la BADR qui ne libère pas le financement. Les producteurs réfutent ce propos soutenant que la DSA doit s’impliquer dans le déblocage des crédits car il y va de la réussite de la politique gouvernementale qu’elle est censée promouvoir. Pour ce qui est de l’alimentation, les producteurs jugent aberrant que le son, sous-produit de la mouture, soit vendu au double (2000 à 2400DA) de la farine alors que les céréales sont acquises par les minotiers à 1280 DA auprès des CCLS. Quant à la suppression de la TVA sur l’alimentation à l’import, « elle est une fiction puisqu’elle ne s’est pas répercutée sur les prix d’achat. Ce sont les importateurs qui l’empochent mais pas nous, ses véritables destinataires ».

Source : El-Watan

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