Malouze qui rit et… Sbiât qui pleure

Fuyant les côtes polluées de la Corniche oranaise, les estivants préfèrent s’en éloigner et optent généralement pour les plages plus à l’ouest et relevant de la wilaya d’Aïn Témouchent. Parmi les moins courues, parce que méconnues, celles de Malouze à Bouzedjar, qui s’insère harmonieusement dans un cadre des plus agréables, tel un saphir dans son écrin, mais aussi Sbiât qui se morfond dans l’anonymat et les risques liés à l’insécurité. Il ne se passe pas un été où les estivants de tous âges provenant de l’intérieur du pays ne viennent très souvent en familles, pour y passer d’agréables moments dans un paysage qui sait allier la fraîcheur du bord de mer au charme discret qu’offre le couvert boisé de la forêt voisine. Ce qui ne gâte rien, c’est la facilité d’accès offerte par un réseau routier déjà développé et qui met Malouze à portée des automobilistes venus d’Oran et qui préfèrent le confort de la RN02 au tohu-bohu vécu chaque année, durant la période estivale, le long de la Corniche oranaise.
Il faut reconnaître que la plage de Malouze est accessible à partir de trois points cardinaux sur quatre, le quatrième étant réservé aux heureux propriétaires des bateaux de plaisance pouvant mouiller à son rivage nord. Pour les autres, ils ont le choix d’y accéder à partir de l’est, via Boutlélis et Madagh I et II, soit à partir de l’Ouest, via Terga, Sassel et M’Saïd, soit par le sud via El-Amria et Bouzedjar. Autant de points dignes d’intérêts pour y faire les dernières emplettes ou observer des haltes régénératrices, entre la Grande Bleue au nord et les criques aux couleurs changeantes et longées par des maquis ou autres couverts boisés.
Malouze, que l’on dit sur le même méridien que les îles Habibas, réputées pour la richesse de leur écosystème et leurs eaux poissonneuses, a pris encore plus d’importance depuis l’ouverture de la route menant de Bouzedjar à Madagh, ce qui a conduit les autorités locales et sécuritaires à engager les mesures d’accompagnement requises, non seulement pour sécuriser les lieux, mais aussi pour en faire une station balnéaire des plus attrayante. Un attrait que lui confèrent désormais la qualité des prestations offertes sur place par les plagistes, parmi elles, les douches, les cabines de vestiaires, les sanitaires et les aires de jeux pour enfants. Même les commerces saisonniers seraient sous le coup de contrôles autant inopinés que périodiques. Néanmoins, les estivants n’aimant pas s’encombrer pour cuisiner sur place, pourraient se régaler de poisson frais et ce ne sont pas les petits restos qui manquent près de la plage de Bouzedjar. On dit même que ce créneau aurait un bel avenir devant lui, surtout si la ZET (zone d’expansion touristique), qui a bien du mal à démarrer en dépit des études achevées, arrivait à être concrétisée grâce aux investisseurs.
En attendant de les voir se matérialiser, on peut toujours rêver aux 6.500 lits qu’offriraient les futurs hôtels, entourés de résidences et autres bungalows, dont cette côte va s’enrichir, espère-t-on, dans les toutes prochaines années.
Pour ceux qui préfèrent la fraîcheur des couverts boisés à proximité de la mer, ils ne peuvent trouver mieux que la forêt de Sassel, située plus à l’ouest. Pour cela, il leur faudra longer de magnifiques champs de vignes ou céréaliers, alternant de temps à autre avec de très beaux jardins potagers cultivés à l’ombre des vergers. Le résultat de tout cela est que durant tout le trajet, le visiteur a bien du mal à résister à la tentation d’acheter les fruits et légumes de qualité et ce qui ne gâte rien, à des prix abordables et avec le loisir de les choisir. Comme la wilaya d’Aïn Témouchent a consenti de gros efforts à l’amélioration des routes dans ce coin paradisiaque, les conducteurs prennent un malin plaisir à découvrir d’autres merveilles aux alentours de la forêt de Sassel, dont le cadre idyllique donne envie d’entamer, dès les premiers beaux jours de l’année, des parties de brochettes ou de paellas, tant recherchées par les amateurs de sortie à la campagne.
Cette forêt qui offre plus de 4.000 hectares de maquis et de jeunes arbustes, a malheureusement pâti des changements climatiques mais surtout de la main de l’homme et des incendies attisés par les vents marins. Chose que l’on ne devrait plus voir à l’avenir, depuis que les gendarmes, harraga obligent, et les agents des Forêts ont resserré leur dispositif de surveillance, pour protéger cette végétation en pleine régénérescence et qui laisse entrevoir de belles perspectives dans le domaine de l’écotourisme. Comme pour répondre à nos voeux, l’accueil d’un grand parc de loisirs dans ce site idéal, ne déplairait pas à la conservation des Forêts.
A quelques encablures d’El-Amria, non loin de la commune d’El-M’saïd dont elle relève, se trouve la plage de Sbiât. Pour y accéder, il faut passer par un poste de contrôle que la garde communale a implanté juste au début d’une route en cours de réalisation et recouverte encore d’une couche de tuf, pour donner accès à cette féerique plage de 2km de long. L’endroit est concédé, à titre d’exploitation
touristique, par la wilaya d’Aïn Témouchent et pour une période maximum de cinq ans, à compter de juin 2008, à un opérateur privé, répondant au nom de Beddad Kaddour, originaire de Oued Berkèche. Rencontré sur place en ce vendredi matin du 4 juillet courant, ce dernier se morfondait devant sa cabane, faute de voir affluer d’éventuels visiteurs. Les quelques baigneurs présents sont disséminés çà et là, le long de cette plage, mais aucun poste de gendarmerie en vue. Pourtant, lors du déploiement de la gendarmerie nationale, il était prévu de marquer sa présence sécuritaire par un certain nombre d’éléments, et ce, sur toutes les plages de la wilaya d’Aïn Témouchent et toute la saison estivale durant. En fait, seuls deux surveillants de baignade trop éloignés l’un de l’autre le long de cette plage, essaient tant bien que mal d’accomplir leur mission. Pire, ils ne disposent d’aucun moyen d’intervention, tels qu’un véhicule de secours, une ambulance voire même un zodiac pour aller repêcher les imprudents. Quant aux baigneurs rencontrés, ils affirment que cette plage est pourtant la moins polluée de tout le littoral témouchentois. «Il est navrant de voir ce site balnéaire, qui jouit d’une importance capitale pour le tourisme algérien, délaissé, pour ne pas dire négligé à ce point», déplorent-ils.
D’ailleurs, aucun transport n’est assuré aux baigneurs, dont certains arpentaient à pied difficilement la bretelle poussiéreuse sous un soleil de plomb. Leurs appels, tout comme celui du concessionnaire, qui malgré tout, reste toutefois optimiste quant à un changement notable de sa situation, sont adressés aux autorités concernées, pour veiller au confort et à la sécurité des baigneurs, qui pour peu que celle-ci soit améliorée, ne vont pas manquer d’y affluer en grand nombre.
Encore faut-il que la fameuse commission de préparation des plages ait prévu dans son escarcelle les moyens humains et matériels, pour élever la plage de Sbiât au standing qu’elle aurait dû avoir dès l’ouverture de la saison estivale. Dans le cas contraire, peut-on espérer que la plage de Sbiât soit promue au rang de pilote pour la prochaine saison? Voilà un défi qui reste dans les cordes de la direction du Tourisme, ne serait-ce que pour doter cette plage de toutes les infrastructures d’accueil qu’elle mérite. Ce n’est qu’à partir de là, que la «saison touristique» ne sera plus un mot pour les fidèles à cette plage d’avenir.

Source : Voix-Oranie

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