Plus de 5.000 ha réservés au pois chiche

poichichLe gouvernement algérien s’intéresse aux grandes cultures stratégiques qu’il faut développer et en augmenter les étendues. Cette nouvelle politique s’intéresse, selon le directeur des Services agricoles de la wilaya d’Aïn Témouchent, aux légumes secs notamment le pois chiche, le petit pois, le haricot et autres légumes secs. Ce plan devait mettre en oeuvre toute une organisation et une technique de la part des départements centraux du ministère de l’Agriculture. «La wilaya d’Aïn Témouchent, expliquait le DSA, M. Houari Athmane, occupe une place privilégiée dans la pratique des cultures des légumineuses». L’étendue varie d’une saison à une autre mais en moyenne est de l’ordre de 5.000 ha.
La stratégie que veut lancer le gouvernement cible des encouragements à offrir aux agriculteurs notamment aux producteurs de semences. Au ministère de l’Agriculture, des ateliers avaient abordé ce sujet et formulé des propositions d’encouragements. Il est à signaler que Aïn Témouchent avait abrité plusieurs journées d’études et séminaires nationaux au complexe thermal et à l’institut d’agriculture (ITMAS) au cours lesquels des sommités en expertise et des chercheurs avaient débattu la problématique du développement des légumineuses. D’importantes recommandations ont été faites et adressées aux instances habilitées et aux autorités agricoles. La logique veut que les conclusions des rapports qu’ont élaborés les experts et connaisseurs soient traduites par des programmes à lancer selon une méthodologie adoptée et une démarche arrêtée, visant au développement des légumineuses en considérant Aïn Témouchent comme zone pilote.
Le grand problème que rencontrent les initiateurs du projet et qui n’a pas fait étalage de manière précise et effective, est celui des semences qu’il faut réhabiliter. Localement, aucune trace des variétés utilisées dans la région n’est disponible et ce volet extrêmement sensible n’est pas inscrit dans les priorités du secteur. Et même s’il a été abordé ce n’est que superficiellement sans atteindre le niveau voulu pour qu’il soit inscrit dans le programme des instituts de recherche agronomique. L’on s’interroge, aujourd’hui, pourquoi le pois chiche, cultivé dans la région, est de qualité médiocre voire déclassée et peu commercialisable, pour la consommation et la semence. Il l’est parce que son calibre ne rentre pas dans la nomenclature européenne de classification. En raison de son prix (40 à 80 DA le kg) le pois chiche d’Aïn Témouchent est utilisé pour la préparation du fameux plat dit «Kalentita».
Comment se fait-il qu’une région qui occupe la première loge nationale en terme de superficies ensemencées en pois chiche, petit pois et autres légumineuses n’a pas reçu tout l’intérêt qu’il faut pour réhabiliter les variétés qu’elle pratiquait par le passé ou adopter d’autres plus résistantes à la sécheresse et disposant d’un calibre standardisé aux normes usuelles. L’intéressement particulier du gouvernement aux grandes cultures stratégiques doit indubitablement donner du crédit à ces questions. Et ceux qui doivent se pencher de manière effective sont les instituts de recherche. Le fellah et la profession ont rempli leur part d’engagement dans le processus gouvernemental pour le développement des légumineuses, mais non pas qu’il le soit au détriment de la qualité.
Par ailleurs, depuis que les CCLS (environ 10 ans) ont cessé de réceptionner la production de légumes secs des agriculteurs d’Aïn Témouchent, un coup fatal a été porté à cette spéculation. Le ministre de l’Agriculture est certainement conscient de ces problèmes mais le plus important est de savoir comment envisage-t-il pour se sortir de cette léthargie préjudiciable. Nos terres produisent du pois chiche et il n’y a pas de raison pour que l’on soit en-deça de ce que font les Syriens et qui produisent des semences de calibres standardisés. Le marché algérien en est fortement approvisionné.

Source : Quotidien-Oran

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