Priorité au transport ferroviaire de 2010 à 2014

Au cours de sa dernière visite dans la wilaya d’Aïn Témouchent, le ministre des Transports, M. Amar Tou, a révélé les grandes lignes du programme d’action de son secteur à l’horizon 2015. Il a notamment insisté sur l’importance des chemins de fer dans la stratégie préconisée par son département, en vue de résorber le déficit enregistré au niveau de ce mode de transport. Il apparaît, aujourd’hui, compte tenu des problèmes liés à l’évolution des moyens de communication, que le développement du rail constitue une option intéressante tant au plan économique que social. Pour ce qui concerne d’abord la wilaya d’Aïn Témouchent, l’on retiendra que la voie ferrée reliant actuellement Béni-Saf à Aïn Témouchent et servant au transport de la pouzzolane, pourrait également être exploitée au profit des usagers.
L’implantation d’une gare à proximité du site de la cimenterie est envisagée. Par ailleurs, le ministre qui a effectué le trajet El Amria/Aïn Témouchent en train, a pu s’enquérir de l’état des stations intermédiaires abandonnées après l’indépendance, à la fin des années soixante-dix. Pratiquement en ruines mais encore debout, ces petites gares à El-Amria, Hassi El Ghella et El Malah, seront réhabilitées et des haltes programmées. Voilà une bonne nouvelle pour les travailleurs des localités citées exerçant à Aïn Témouchent ou à Oran. L’autre nouveauté qu’attendent les usagers de cette ligne même, réside dans le remplacement des vieux wagons par un autorail dont ont bénéficié quelques wilayas de l’Ouest, comme Sidi Bel-Abbès et Relizane.
M. Tou a également annoncé une possible création d’une desserte entre Sidi Bel-Abbès et Aïn Témouchent, sans toutefois donner de date. Si ce projet venait à se concrétiser, le réseau à partir du chef-lieu de wilaya, via la capitale de la Mekerra, s’étendrait jusqu’à Béchar. En outre, une ébauche d’étude consacrée au téléphérique de la ville portuaire de Béni Saf sera entamée.
Avant de clôturer sa visite, le ministre des Transports a évoqué le plan d’action jusqu’à 2018. Devant les responsables locaux, il s’est d’abord attardé sur les perspectives du transport ferroviaire soulignant qu’entre 1999 et 2015, le réseau atteindra un linéaire de 10 400 kilomètres contre 3 500 kilomètres à la fin du siècle dernier. Il sera entièrement électrifié parallèlement aux actions de réhabilitation des anciennes lignes. De ce fait, les rames pourront circuler à une vitesse normalisée fixée à 220 km/heure.
Un gain de temps qui ne manquera pas d’influer sur la qualité des voyages, d’autant que la couverture ferroviaire va concerner tout le pays, jusqu’à l’extrême Sud; le défi consistant à atteindre le point le plus éloigné du réseau, à savoir Ghar Djebilet, pour peu que le gisement de minerais s’avère rentable à long terme.
Au chapitre du transport urbain – une problématique assez complexe -, c’est Alger la capitale qui donne le plus de soucis. La première ligue de métro est annoncée pour cette année, le ministre ayant évité d’avancer une date. Sept extensions sont programmées d’ici 2018 où l’on espère aller jusqu’à Baraki avec, entre-temps, des escales à la place des Martyrs d’Alger (2014), Chevalley (2017). Quant aux travaux du tramway actuellement en cours de réalisation dans la banlieue de Bordj El Kiffan, ils connaissent un bon rythme d’avancement puisque le projet a dépassé le cap de la rue de Tripoli, à Hussein Dey. Du côté d’Oran, le tramway reliera le centre-ville à l’USTO, avant de rallier la partie ouest. Parmi les autres métropoles qui ont bénéficié de ce mode de transport, le ministre a cité Constantine, Ouargla, Sidi Bel-Abbès et Sétif. Le reste des grandes villes s’appuiera sur les véhicules de transport en commun, puisque 21 wilayas seront dotées d’Entreprises publiques locales afin d’améliorer (sic) leurs réseaux urbain et semi urbain.
Par conséquent, l’enveloppe dégagée pour le programme quinquennal de développement du secteur des transports (2010-2014) est estimée à 4 882,76 milliards de dinars.
Si l’on ajoute à cette somme le montant des dépenses engagées au cours des deux précédents plans (1999-2009), la facture s’élève à 6 908,86 milliards de dinars. La répartition des crédits alloués à chaque segment des transports pour l’application du programme 2010-2014, se présente comme suit: le métro a bénéficié de 350 milliards de dinars contre 163 milliards de dinars entre 1999 et 2009, le rail 5 580,5 milliards de dinars contre 1 660 milliards de dinars durant la même période, le mode maritime et portuaire de 199 000 millions de dinars et l’aviation civile de 25 260 millions de dinars.
Durant sa tournée dans la wilaya d’Aïn Témouchent, M. Tou s’est rendu à l’unité de fabrication de traverses en béton armé qui produit 350 unités/jour. Cette base est appelée à augmenter ses capacités pour faire face aux besoins générés par le vaste programme national de rénovation et d’extension du réseau ferroviaire, indique-t-on.

Source : Voix-Oranie

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