Table ronde en marge du festival

En marge des activités artistiques retenues dans le programme du festival culturel national de la marionnette, la Maison de la culture d’Ain Témouchent a abrité lundi dernier, en soirée, une table ronde dont le thème s’articulait autour de l’état des lieux du théâtre de marionnettes et les perspectives de développement de cette discipline à l’échelle national. La table, bien suivie, a été animée par des hommes du théâtre, des membres du jury du festival, des journalistes. Le modérateur des débats n’est autre que Bedad Abdelalli, cadre diplômé en matière théâtrale. Unanimement, les intervenants s’accordent dans leur constat et relèvent que l’Algérie accuse un retard effarant dans le théâtre pour enfant en général et de marionnettes en particulier.
Dans ce contexte, M. Belhadj, professeur à Constantine, rappelle que le genre théâtre de marionnettes est inexistant à l’Est. Il fera remarquer que les cadres formés par les structures de la jeunesse, dans cette partie du pays, ne s’intéressent qu’à l’animation et n’accordent pas grande importance au théâtre pour enfants. En d’autres termes, leur objectif est de divertir l’enfant. Alors qu’en principe, la marionnette est une création transmettant un message constructif. Un autre intervenant, spécialiste de la conception de la marionnette, rappelle que la marionnette est entrée en Algérie par le biais de la culture ottomane dénommée communément «Diwan Garagouz». Il dira en substance que souvent, les structures scolaires et éducatives ignorent la valeur de ce théâtre pour enfant. Il affirme qu’il faut «faire le porte-à-porte pour pouvoir présenter des spectacles». Concernant la matière vivante de la marionnette, à savoir le texte, les intervenants ont soulevé la problématique de l’indigence des écrits et de leur contenu.
L’une des conclusions des intervenants insiste sur l’écart qu’il y a entre les œuvres présentées par les marionnettistes et la quotidienneté des enfants. En général, les spectacles pour enfants sont loin de la culture de l’enfant qui est la plupart du temps branché avec le développement dans le monde proposé par les médias et les écrans étrangers. Peut-on laisser l’enfant algérien revivre ses rêves avec Ghanja? A noter que c’est «Rais Hassane» de la troupe de Beni-Saf qui s’est illustré avant-hier au troisième jour du festival. Le nombreux public, composé en majorité d’enfants, a gratifié ce travail par des applaudissements fournis.

Source : Voix-Oranie

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