Toute la gestion des cantines scolaires à revoir

Un repas riche et équilibré constitue indiscutablement un stimulant indispensable à l’épanouissement physique et intellectuel des élèves, particulièrement ceux et celles qui sont issus de milieux défavorisés. Combien sont-ils ces élèves qui, tenaillés par la faim, n’attendent désormais que l’heure de la cantine pour retrouver quelques forces ? Un gros effort a été à l’évidence fourni par l’Etat pour doter chaque école d’une cantine, mais il est tout aussi vrai que cet intérêt n’a pas encore atteint sa juste mesure lorsque des élus constatent que le bricolage au niveau des restaurants scolaires a encore de beaux jours devant lui.
Les insuffisances relevées par la commission spécialisée de l’APW d’Aïn Témouchent abondent dans ce sens. Dans son rapport présenté dernièrement dans le cadre de la session d’automne, elle a commencé par s’interroger sur les raisons qui ont empêché la nouvelle cantine scolaire de l’école Haï Sidi Sohbi à Béni Saf d’ouvrir ses portes alors qu’elle est prête à fonctionner. Les élus soulignent ensuite l’existence de plusieurs écoles et CEM dépourvus de cantine, notamment au niveau des communes déshéritées.
Au cours de leurs différentes visites, les membres de l’APW ont par ailleurs remarqué que les cours étaient souvent perturbés pendant la prise de repas dès midi à cause de l’exiguïté de la cantine qui n’arrive pas à contenir tous les groupes en même temps et que le système de rotation déborde sur les horaires impartis aux études. On imagine aisément dans ces cas-là la rapidité avec laquelle les élèves avalent leur ration alimentaire. Un autre fait saillant a mis en émoi les élus durant leur tournée ; il s’agit de la dégradation du matériel de cuisine, qui est loin de correspondre aux normes en cours dans les cantines scolaires modernes. Pire encore, certains établissements servent des repas froids transportés à partir de la cuisine centrale, souvent située au sein d’une autre structure éloignée, dans des conditions douteuses faute de moyens d’acheminement appropriés.
D’autres écoles ont carrément converti des salles de cours en réfectoire. Les écoles Taleb Abderrahmane, El Akid Othmane et Mouloud Feraoun implantées au chef-lieu de wilaya figurent dans le lot. Le dernier point signalé dans le bilan de l’APW concerne le personnel d’encadrement des cantines scolaires puisé dans sa majorité des listes du filet social, autant dire ne possédant aucune qualification professionnelle. Tous ces éléments inhérents à la gestion des cantines scolaires imposent l’idée d’une réorganisation du système. Il ne s’agit plus d’afficher dans les statistiques des chiffres accommodants, mais de se pencher sur le fonctionnement de ces maillons sociaux que sont les cantines.

Source : Echo-Oran

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