Une option pour la pêche continentale

Dans un but de favoriser le développement de la pêche continentale, une nouvelle option a été mise en expérimentation dans la wilaya de Aïn Témouchent. Il s’agit d’une technologie d’intégration de la pisciculture à l’agriculture. L’opération consiste à repeupler des bassins d’accumulation ou d’irrigation d’alevins (micro-poissons), a-t-on relevé d’un point de presse organisé ce mercredi à la direction de la pêche de Aïn Témouchent. Cette mission de repeuplement a été confiée à une commission technique mixte (pêche, agriculture, hydraulique) et exécutée en concert avec le CNDPA (Centre national d’études et de documentation pour la pêche et l’aquaculture) de Bou Ismaïl (Alger). Trois phases ont engendré cette première expérience.
Il fallait d’abord choisir des sites idéaux qui répondent aux normes techniques (surface, volume, qualité de l’eau, lieu…). L’aspect scientifique n’a pas été sous-estimé d’où une étude approfondie de l’eau des bassins. Cette opération avait été confiée à l’école des techniques de pêche et d’aquaculture de Béni-Saf, toujours avec la complicité du CNDPA. Tous les paramètres essentiels ont été examinés (température, PH, turbidité, nitrates NO2 et NO3…). Ensuite, une campagne de vulgarisation et de sensibilisation à l’adresse des fellahs bénéficiaires a été animée par le CNDRPA de Bou Ismaïl. Des journées d’informations (explications, démonstrations, documentations…) ont été nécessaires. La formation s’est déroulée sur site. Trois daïras ont été ciblées, Aïn Kihal, Aïn Larbaâ et El-Mallah.
L’opération de lâcher d’alevins a touché 18 bassins d’irrigation. A ce sujet, 1.150 alevins (espèce tilapia, argentée et rousse) ont été vidés, le 30 juin dernier, dans les 18 réservoirs d’eau. Notons ici que l’alevin tilapia, en grande partie importé d’Egypte, est une espèce qui présente en outre la particularité de convenir au climat de la région. Le tilapia résiste très bien. Sa reproduction est très importante (4 fois par an) et il accroît rapidement pour atteindre une taille marchande de 300 g. Après le repeuplement, une autre opération a suivi le lendemain (soit 24 heures plus tard, c’est-à-dire le 1er juillet), elle a consisté en une pêche d’alevins. Cet alevinage garantit une réussite certaine à l’opération, note-t-on. Histoire de diminuer les bassins d’une partie de leur contenu en espèces déjà en taille, nous résume-t-on. Plusieurs centaines d’individus ont été récupérés à l’aide d’une technique peu commune, un filet à plancton placé durant toute la nuit suivant le lâcher.
Les avantages de cette technologie sont multiples. L’amélioration du niveau nutritif du fellah, de la productivité et la protection de la biodiversité sont les plus citées. Le procédé consiste à faire nourrir le poisson à base de fumier ou de mauvaises herbes, dont le fellah aura à s’en débarrasser, et de temps en temps changer l’eau qui même brunie sera devenue fertilisée, donc très riche en produits organiques, très recommandés à l’inverse des produits chimiques. Et là, on n’est pas loin de la fameuse théorie de Lavoisier: «Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme».
Enfin et pour l’heure, ladite commission est toujours chargée du suivi de ces sites expérimentaux. Pour clore, il est à noter que des opérations similaires ont été réalisées à travers d’autres régions du pays où les mêmes bassins, c’est-à-dire d’utilité agricole, ont été ciblés. A Aïn Témouchent, tout en attendant de lancer une seconde expérience sur le mulet (ou linça) ou encore de viser à mettre en place une écloserie dans la wilaya, on compte élargir le champ d’application de ce processus technologique à d’autres fermiers, encore plus de mettre en évidence l’art culinaire à base de poissons d’eau douce, et plus forcément avec l’implication de la femme rurale.

Source : Quotidien-Oran

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