Yennayer une fête qui résiste au temps

pistacheLes familles témouchentoises ont célébré différemment la fête de Yennayer, premier jour de l’année berbère coïncidant avec le 12 janvier. La fête s’est uniquement limitée à l’intérieur des foyers où les mets traditionnels avaient dominé les préparatifs. Cette fête fut héritée des ancêtres et perdure encore après avoir résisté au vent de la mouvance islamiste, au courant des années 80 lorsqu’elle fut considérée contraire à la doctrine musulmane (Bidaâ), pourtant les anciens témouchentois la fêtaient sans aucune considération religieuse on historique. La majorité absolue ignore totalement la conquête du Nil par un Roi berbère pour fonder une dynastie pharaonique en 950 avant J.C. à l’ère de la XXIIème dynastie.
Cette année berbère 2958 a également coïncidé avec celle de l’Hégire, le 1er Mouharram. Contrairement à la tradition, rares furent les commerçants qui avaient étalé les fruits secs, bonbons et fruits frais, donnant ainsi une ferveur spéciale, pour attirer ces pères de famille «asséchés» par les précédentes fêtes dont l’Aïd El Kébir et Aoual Mouharram. Ajouter à cela l’augmentation vertigineuse des produits de large consommation. A cette occasion, il ne faudra pas oublier de citer que le mélange (M’Khalat) de fruits secs est fixé à 200DA le kilogramme, les figues sèches ont atteint, elles, 320 DA, les amandes 300DA/kg et le poulet 170DA/kg.
A l’intérieur des maisons, les familles se sont régalées durant ce que l’on appelle les nuits froide (Berda )et chaude (Hamia), le plat résistant de cette dernière étant le «chercham», préparé à base de blé associé aux légumes secs.Les enfants ont ensuite rempli leurs sacoches en tissu de «Mkhalat». Les grands parents, quant à eux, ont rapporté des racines de «doum» (palmier nain), symbole de l’amour et de l’attachement à la terre des ancêtres dont ils sont fiers de ne manger, à Yennayer, que ses produits. Certains anthropologues culturels voient que cette fête est grandement menacée par la dégradation du pouvoir d’achat et de la vie sociale, de surcroît dans le monde rural. Un appel pressant est donné pour préserver ce patrimoine culturel et penser à sa revalorisation par les prochaines générations témouchentoises.

source: Voix-Oranie

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