Les huileries dans l’angoisse

Pourquoi la production d’olives a chuté durant cette campagne ? S’agit-il de facteurs climatiques qui sont à l’origine de cette baisse ? Existe-t-il d’autres qui ont engendré ce recul ? Que pensent la profession et l’autorité agricole de la wilaya d’Aïn Témouchent ? Quelles explications attend-on des spécialistes et des transformateurs de la région ? Ces interrogations et d’autres venant s’imbriquer et s’enchevêtrer posent évidemment toute la problématique de l’oléiculture, la nouvelle vocation que veulent lancer les autorités de la wilaya d’Aïn Témouchent et qui constituera l’orientation essentielle pour le secteur de l’Agriculture, notamment en ce qui concerne les nouveaux périmètres de développement agricole lancés au titre du quinquennal 2005-2009, pendant lequel pas moins de 400 ha devraient être plantés en plantations utiles à dominance olivier. Ce sont les zones montagneuses, traditionnellement à essence forestière qui ont été élues pour cet important programme de développement. La baisse sensible de la production d’olives dans la wilaya d’Aïn Témouchent est due principalement au lancement des opérations de taille de couronnement ou de rajeunissement du vieux parc d’oliviers constitué principalement de vieilles plantations de plus de 50 ans. Organiser des opérations à grande échelle est une action qui a donné un coup fatal à la production. Il fallait agir selon un planning bien étudié et par zone en prenant en considération l’entrée en production des jeunes plantations pour équilibrer le parc. Cela n’a pas été pris en compte et l’on s’est retrouvé en quelques années avec un parc improductif. L’opération a été financée au titre du programme PNDA et financée par le FNRDA à raison de 500 DA la coupe d’un olivier. Les observateurs pouvant constater aisément que les oliviers couronnés n’ont pas subi la coupe des gourmands, une pratique indispensable permettant la reprise végétale des oliviers d’une manière rapide. Il fallait prévoir ce genre de travaux et le poser comme condition sine qua non pour l’obtention du financement.
L’on ne doit pas s’étonner de voir le prix des olives collectées passé de 120 à 240 DA le kilogramme et celui des conserves variées de 160 à 260 DA/kg en l’espace de deux saisons consécutives. Quant à l’huile d’olive, son coût est passé de 300 à 400 DA le litre durant les mêmes repères de référence. Aucune des quatre huileries de la wilaya d’Aïn Témouchent ne dispose actuellement d’huile. Toutes se plaignent de la mauvaise récole due pour les causes énumérées plus haut mais aussi, comme pour les cas de celles de Aïn El-Arbaâ, Hammam Bou-Hadjar et Aïn Témouchent à cause de la non obtention de crédits de campagne formulés auprès de la BADR et non honorés à ce jour. Les unités toutes regroupées qui font travailler 200 ouvriers en plein campagne rencontrent présentement, des difficultés financières aiguës et sont sommées de rembourser les crédits d’investissement et d’équipement octroyés par les banques aux échéances fixées alors que ces dernières, pour y arriver, il fallait que les établissements financiers leur accordent des prêts de campagne destinés à l’achat des olives nécessaires pour la production de l’huile et des conserves. Au centre et à l’Est du pays, des agriculteurs ont obtenu une récolte intéressante et faute de coordination inter profession et interrégion, ces derniers n’ont pu tisser de bonnes relations avec les opérateurs de l’Ouest du pays et du Témouchentois en vu de leur vendre les olives. Des agriculteurs de Bougara ont essayé de toucher leur homologue d’Aïn Témouchent mais en vain, apprend-on. C’est un problème de communication qui fait défaut dans la plupart des cas. En principe, c’est la chambre nationale de l’agriculture qui devait jouer le rôle de fédérateur, de modulateur et de régulateur afin de favoriser l’écoulement de la production. Cependant, il appartient à la direction de la PME, PMI d’Aïn Témouchent de se pencher de ce problème épineux qui empeste les huileries d’Aïn Témouchent. Le rééchelonnement des dettes des opérateurs est une question à débattre à haut niveau afin d’éviter l’agonie et de pousser les huileries à jeter l’éponge.

source : Le Quotidien-Oran

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