Des huissiers de justice à la trousse de fellahs

justiceEnviron 500 fellahs de la région témouchentoise ont été saisis par des huissiers de justice à la demande des CRMA qui veulent récupérer leurs créances impayées, estimées par M. Hadjazi Boumediène, responsable de l’UNPA, à 40 milliards de centimes. Les dettes des fellahs à l’endroit des coopératives de la mutualité agricole est un cumul de plusieurs années. Elles datent, selon le responsable de l’UNPA, depuis 2001 et concernent les crédits alloués aux agriculteurs au titre du programme du PNDA financé dans le cadre du FNDRA. Il s’agit de dettes liées aux travaux, aux plantations viticoles, aux équipements d’irrigation et de matériel. A l’échelle nationale, les statistiques parlent de 2.000 milliards de créances impayées que les CRMA veulent récupérer auprès des fellahs.
Il ne faut aussi pas oublier que la grande part de la dette des agriculteurs de la wilaya d’Aïn Témouchent est liée à la viticulture, un programme lancé avec précipitation de 2001 à 2005. Pendant ce temps-là, le marché mondial était déjà saturé et des programmes d’arrachage de vigne ont été mis en route en Europe. En France, disait une autorité agricole, l’arrachage a touché 400.000 ha. Mais ce qu’elle a oublié de dire (l’autorité) est de taille. Les viticulteurs de l’Hexagone touchés avaient été subventionnés par l’Etat français. Ce qui veut dire que l’indemnisation couvrait au moins les charges pour que les fellahs ne tombent pas en ruine et se trouvent confrontés à de sérieux problèmes financiers comme c’est le cas d’Aïn Témouchent.
Les CRMA sont dans leur plein droit de recourir à de telles mesures car le couteau a atteint l’os, comme dit l’adage, mais ceux qui ont initié le programme de relance de la viticulture et qui l’ont vanté sans réserves ne devaient pas se contenter de le mettre en route et se dérober par la suite quand les choses ont pris une telle tournure. Le programme a été lancé par le ministère de l’Agriculture au nom de l’Etat algérien et c’est au ministère de les accompagner à fond comme pour les viticulteurs en France. Très endettés, les fellahs témouchentois sous-utilisent les terres et les impacts économiques et sociaux ne sont guère à démontrer.

Source : Quotidien-Oran

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