L’hygiène publique, une priorité locale

Le récent conclave qui a réuni au siège de la wilaya, les responsables des Bureaux d’hygiène intercommunaux en présence des membres de l’exécutif et des cadres locaux sous la présidence du wali, a confirmé la nécessité de s’attaquer avec fermeté et surtout avec une meilleure organisation des services concernés, à l’épineuse question de la sauvegarde de l’environnement et la protection de la santé du citoyen. Une problématique sensible, s’il en est, compte tenu de la lente dégradation qui caractérise le milieu urbain. Lorsque les citoyens se désolent de l’inertie des pouvoirs publics, ces derniers renvoient la balle, arguant des comportements inciviques de nombre d’administrés Des accusations qui ne sont pas dé nuées de vérité, mais force est de reconnaître que les APC semblent dépassées par le phénomène. Faute notamment de moyens adaptés. En fait, ni l’opération «Blanche Algérie» ni les gros budgets consacrés à l’amélioration du cadre de vie n’ont, pour l’instant, réussi à redonner un visage plus avenant à nos cités. Des quartiers entiers sont livrés à eux-mêmes parce que, selon les élus, le personnel de nettoiement s’avère insuffisant et aussi parce que le matériel spécifique est bien loin de répondre aux normes d’une gestion moderne et rationnelle des déchets urbains.
Des tracteurs et des camions ordinaires sont utilisés pour la collecte des ordures et les quelques agents communaux affectés aux tâches de nettoiement confectionnent souvent eux-mêmes leur propre balai. Peu ton raisonnablement mettre sur le dos du citoyen toutes les anomalies qui ruinent notre quotidien ? N’y a-t-il pas quelque part une incapacité réelle à surmonter ces multiples stigmates qui tendent à toucher l’ensemble des villes du pays ? Cette parenthèse fermée, revenons aux bilans présentés lors du regroupement évoqué plus haut. Les actions entrant dans le cadre de la préservation de l’environnement, notamment la lutte contre les MTH (maladie à transmission hydrique), sont particulièrement suivies dans la wilaya d’Aïn Témouchent. Parmi les thèmes abordés lors de ce conclave, il en est un qui, par son acuité, constitue par les temps qui courent une préoccupation essentielle. Il s’agit du phénomène des chiens errants. L’équipe du BHIC (Bureau d’hygiène intercommunal) de la commune d’Aïn Témouchent a mené une expérience relative à l’abattage des canidés par appât empoisonné. Une première dit-on, tant mieux pour la recherche locale ! Avant, les chiens errants étaient abattus par balles et cette méthode d’élimination présentait de nombreux risques. Les cas répétés de morsure de chiens -544 en 2001 contre 834 en 2008 et 287 à l’issue du premier semestre 2009- ont imposé le recours à des procédés plus efficaces afin d’éloigner le spectre de la rage (un cas en 2008 à Chentouf ayant entraîné le décès d’un jeune de 27 ans) tout en luttant contre «les réservoirs vecteurs de maladies comme la leishmaniose ou le kyste hydatique». Le président de l’APC d’Aïn Témouchent a, dans ce sens, signé un arrêté portant abattage des chiens errants par appât empoisonné le 5 mai 2009. Confiée à une équipe parfaitement sensibilisée au préalable, cette opération (l’abattage des chiens errants par appât empoisonné) est entourée du maximum de précautions. Dans un rapport de situation qu’a lu le représentant de la direction de l’Hydraulique, il est fait état de plusieurs mesures visant à prévenir les MTH, notamment à travers la cross-connexion (mélange d’eaux potables et usées). En premier, il y a lieu d’opter pour des conduites spéciales de qualité exemptes de défauts, de bien poser les canalisations, de remettre en l’état la chaussée et de respecter le vannage.
En matière d’AEP, le linéaire réalisé à la fin du premier semestre 2009 est estimé à 90 kilomètres. La rénovation du réseau se poursuit au niveau du chef-lieu de wilaya. Les quartiers des Castors, Moulay-Mustapha, El-Yasmine, et celui de la CNASAT sont programmés pour cette année. Le plan d’action de la direction de l’Environnement a mis l’accent sur la protection du littoral par le truchement des communes côtières, au nombre de neuf, couvrant une superficie de 612 km², soit 26% de la superficie totale de la wilaya. Ces localités génèrent un volume d’eaux usées de l’ordre de 8 120 m³/jour, auquel s’ajoutent les eaux domestiques des vacanciers considérées comme très polluantes et dont le volume journalier s’élève respectivement à 3 821 m³ pour Béni-Saf, 830 m³ pour Sidi Ben Adda, 628 m³ pour ce qui concerne Bouzedjar et 520 m³ s’agissant de la commune de Terga. Des opérations de dépollution pour lutter contre les eaux usées des plages, sont en cours à Chatt El-Hillal et à Terga, tandis qu’une inscription d’étude a été proposée pour la zone de Rachgoun. En abordant le problème des déchets solides urbains et la pollution industrielle, la direction de l’Environnement souligne en ces termes les causes du phénomène: «Elle est due en grande partie à un dysfonctionnement du mode d’organisation des services chargés de la gestion des déchets. Un mode qui n’est pas adapté aux exigences d’un cadre de vie à la mesure des attentes des citoyens en ce début du 21ème siècle. La situation générale demeure préoccupante…». La mise en place du Programme national de gestion des déchets ménagers (PNAGDFM) initié par le ministère de l’Environnement, permettra de recenser les schémas directeurs de gestion des déchets ménagers de toutes les communes et d’activer la réalisation d’un Centre d’enfouissement technique (CET) des déchets ménagers du groupement de Béni Saf englobant Sidi Safi et Emir Abdelkader.
Dans le cadre du plan quinquennal 2010-2014, la wilaya a proposé l’inscription deux importantes opérations en faveur de la protection du milieu. Primo, la réalisation d’une décharge contrôlée pour le groupement des communes d’El-Amria et une autre pour le groupement de Hammam Bouhadjar. Secundo, l’éradication et la décontamination des sols des décharges sauvages de Sidi Yamine à Aïn Témouchent et de S’kouna à Béni-Saf. Par ailleurs, le rapport de la direction de l’Environnement mentionne le cas des trois grandes unités industrielles dont l’impact sur le milieu pose de sérieux problèmes «quant à la protection de la santé du citoyen et de l’environnement ». Les usines incriminées à savoir le complexe production de détergents «Henkel », la cimenterie de Béni Saf reprise par Orascom et la tannerie d’El Amria, ne seraient pas en conformité avec les normes de sécurité industrielle. En outre, il convient de saluer l’initiative consistant à sensibiliser les estivants sur les différents aspects inhérents à leur «confort et sécurité» par la mise en place de Bureaux d’information et d’orientation dont quatre situés à Bouzedjar, Terga, Madrid et Sassel déploient des efforts méritoires.
Ces antennes seront dotées – nous sommes déjà au mois de juillet – de prospectus, de dépliants, de cartes, de notices de sécurité, etc. Le rapport interpelle tous les prestataires de services afin qu’ils s’engagent pleinement dans ces actions de civisme, d’autant que les plages de la wilaya sont devenues ces dernières années, des pôles d’attraction plus faciles à atteindre pour les gens d’Oran par rapport à la côte et son fleuron les Andalouses. Un flux massif d’estivants qui ne met pas à l’abri la wilaya d’éventuels risques sanitaires liés aux MTH.
Une contrainte qui s’apparente à un défi et oblige les responsables locaux à élever de plus en plus le niveau de vigilance. Même si l’impact économique de cet engouement sur les activités commerciales est on ne peut plus évident. Le revers de la médaille, assurément, incite à un optimisme mesuré étant donné les effets préjudiciables qu’entraînera cet attrait au plan sanitaire et sécuritaire (accidents de la route, noyades, recrudescence de la délinquance, etc.). Aïn Témouchent se doit d’assumer ce statut de zone de villégiature par excellence. Avec certainement plus d’appréhensions que d’assurances.
Pour sa part, la direction des Services agricoles (DSA) a donné un aperçu de la situation des zoonoses au premier semestre 2009. Celle-ci se caractérise par une augmentation de certaines maladies. A l’exemple de la rage, une maladie virale transmise par la salive, qui a touché, en 2008, deux bovins, cinq chiens et deux ânes. Quant à brucellose, elle a nécessité une série de mesures draconiennes suite à la contamination de nombreuses personnes qui ont consommé du lait cru acheté chez des commerçants. Une campagne de dépistage a été mise en branle à travers l’ensemble des 28 communes de la wilaya. C’est ainsi que 29 bovins ont été abattus sur les 4 294 têtes dépistées alors que 87 caprins ont subi le même sort sur les 2 745 têtes dépistées. En 2008, 42 cas ont été déclarés positifs sur 1 662 bêtes contrôlées. Le dépistage du kyste hydatique ou «hydatidose» a révélé, à la fin du premier semestre 2009, 225 cas positifs. Une affection qui, en 2007 et 2008, a concerné respectivement 1 266 et 998 cas. La tuberculose, une zoonose majeure grave, ne s’est pas manifestée cette année puisque aucun cas n’a été enregistré sur un cheptel de 1 662 bovins testés. De son côté, la direction du Tourisme s’est donnée pour objectif de réduire au maximum les risques habituels qui planent sur les plages. Elles sont une vingtaine à recevoir chaque saison des millions d’estivants.
Grâce aux opérations figurant dans les PCD, les communes du littoral témouchentois ont bénéficié d’une série de travaux de réhabilitation et d’aménagement des sites balnéaires.
Les réseaux d’alimentation en eau potable ainsi que les réseaux d’assainissement de huit plages ont été rénovés, tandis que le citernage (citerne de 3 m³) a concerné la totalité des plages. Sans compter les actions de nettoyage de réservoirs d’eau, de traitement des oueds, l’entretien des blocs sanitaires, les contrôles sanitaires au niveau des seize centres de vacances, les terrains de camping et huit établissements d’hébergement (hôtels et résidences) et deux pensions déclarées (…). Ces lieux d’accueil constituent pour la plupart des sources de pollution puisqu’ils déversent le trop-plein des fosses septiques directement dans la mer.

Source : Echo-Oran

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