Le raisin coûtera plus cher

Selon le gérant de la viticoop d’Aïn Témouchent, 17 caves de vinification sont prêtes durant cette campagne qui s’annonce bonne et les prévisions de production sont de l’ordre de 250.000 q, soit une équivalence en vin estimée à 180.000 hl. Les transformateurs qui entreront en course cette année sont les Grands Crus de l’Ouest (GCO) avec 9 caves de vinification, les Vins d’origine (VDO) y prennent part avec deux caves, Soral de Hammam Bou Hadjar y participe avec deux autres, Vin Feral et Ouled Kadi y mettent leur contribution avec une cave chacun. S’agissant de la cave de Aïn El-Arbaa confiée à la société espagnole Iberia, le gérant de Viticoop Safi Brahim se dit non disposé à fournir la moindre information sur ce qu’elle entend réaliser comme objectifs de production et de vinification car celle-ci a été absente lors du dernier regroupement des transformateurs à Aïn Témouchent, une rencontre pilotée par la profession, la DSA, la viticoop et l’ITAF.
Quel serait donc le sort des viticulteurs de la région d’Aïn El-Arbaa, une région viticole par excellence ? Se demande notre interlocuteur qui a souligné qu’une opération de désinfection et de nettoyage a été menée par la viticoop et les transformateurs cités plus haut. Cependant, Safi Brahim révèle qu’il existe un grand problème qui est la récolte de 2006 caractérisée par une mévente de vin encore en stock et qui est supposé atteint d’avarie que la régie des services des domaines et le laboratoire régional des impôts devront confirmer ou infirmer son déclassement. Ce vin déprécié (sous réserve) se trouve dans 6 caves et concerne 25.000 hl. Il s’agit des caves de Selles, coopérative Aïn Tolba, cave Enjalbert d’Aïn El-Kihel, cave Lopez d’Aoubellil, cave Ryam d’Aghlal, cave coopérative Souff Tell de Chaâbet El-Leham et cave Siegel de Hammam Bou Hadjar. Le département de l’environnement de la wilaya d’Aïn Témouchent devrait être saisi en cas de destruction de vin avarié, une question déjà retenue par la viticoop, note son gérant. Cependant les Grands Crus de l’Ouest auraient, selon l’orateur, fait une proposition à la viticoop pour avoir en concession la cave coopérative d’Aïn El-Arbaa d’une capacité de 60.000 hl. Une grande partie du vin supposé avarié peut être transformée en sous-produits par GCO. Cette offre est liée à la concession de la cave, mais la société espagnole Iberia est débitrice d’une créance de 8 millions de dinars à l’endroit de la viticoop qu’elle n’arrive pas à recouvrer. L’affaire, note son gérant, est au niveau de la justice et elle risque de traîner assez longtemps si la viticoop n’est pas en mesure de bien mener la barque comme il faut. Par ailleurs, le prix du quintal de raisin, cédé l’an dernier à 2.600 DA/q, doit être revu à la hausse car le grand concurrent de la vigne ce sont les céréales, notamment les blés tendre et dur qui sont vendus à 4.500 et 3.500 DA. Les transformateurs qui ont dépensé des sommes colossales pour se préparer à la campagne des vendanges sont conscients de ce problème et doivent mettre le paquet pour stimuler davantage les viticulteurs. Seul moyen pour les empêcher de virer de l’autre côté, c’est-à-dire vers la CCLS. Le front est ouvert et le dernier mot revient au plus offrant. C’est de bonne guerre et l’agriculture va se libérer.

Source : Quotidien-Oran

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