Le sable de substitution boudé par le bâtiment

Alors que la carrière de sable de Terga est en fin de vie, voilà qu’une nouvelle, celle-là d’agrégat, produit du sable de substitution. C’est un sable dont les dimensions vont de 0 à 4mm avec la particularité d’avoir été délesté, non pas de toute poussière, mais spécialement de la poussière d’argile. Et c’est l’entreprise ENG, installée depuis des années pas loin de Terga, qui s’est redéployée avec une nouvelle unité à quelques encablures de l’ancienne carrière, au pied du Djebel Dhar El Menjel. Avec une réserve géologique de 30 millions de tonnes, le nouveau gisement engendrera 1 million de tonnes d’agrégat par an dont 32% de sable concassé. Avec ce dernier, l’unité va assurer une relève rendue nécessaire du fait que la réglementation va incessamment prohiber le recours au sable naturel.
Mais, elle ne pourra livrer que la moitié, soit 320 000t /an, des quantités extraites des dunes littorales. Par ailleurs, actuellement, la nouvelle unité est loin de cette quantité nominale puisqu’elle est encore en période d’essais de performance avec une moyenne de seulement 2000 à 22 000t/jour. Mais encore, la production est limitée du fait de l’insuffisance de matière première, la roche en l’occurrence, elle-même réduite faute d’un approvisionnement insuffisant en explosifs pour l’extraire. A cet égard, selon le directeur de l’unité, la consommation d’explosifs a quadruplé en Algérie alors que l’ONEX, l’entreprise distributrice, a du mal à suivre l’évolution de la demande. Pour ce qui est de l’écoulement du sable, il n’y a que les entreprises de travaux publics qui se sont manifestées alors que celles du bâtiment demeurent sur la réserve.
Est-ce le prix qui les rebute, soit 450 DA la tonne en hors taxe, ce qui donne 100 DA de différence ? C’est ce qu’un entrepreneur a affirmé en ajoutant qu’il y a également un déficit en matière de vulgarisation autour de ce nouveau produit, un produit au demeurant sans déchets à éliminer comme pour le sable de Terga. Deux retombées, l’une positive et l’autre non, accompagnent l’unité de Dhar El Menjel. En effet, située sur le territoire de la commune d’El Maleh, cette dernière va pouvoir bénéficier de royalties en termes de taxes d’ici la fin de l’année par contre sa voisine Chabat El Laham va en être privée dans cinq années lorsque l’ancienne carrière cessera toute activité du fait que le gisement est en voie d’extinction. Il restera un gros inconvénient, celui de la situation de la nouvelle unité en zone agricole, la végétation la plus proche étant déjà couverte de poussière, une poussière appelée à s’étendre au fur et à mesure de la montée en cadence de l’usine. Mais ce n’est pas l’usine qui la dégage, ce sont les camions qui la soulèvent. Il s’agit d’une poussière environnante qui ne peut-être rabattue que par des arrosages, selon le gestionnaire de la carrière. Or, au nom du droit prioritaire de l’agriculture à la ressource hydrique, les autorités locales n’ont pas accordé l’autorisation d’un sondage.

source: El Watan

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