Les projets aquacoles ne cessent de patiner

Les fermes aquacoles, dont les sites ont drainé tant de personnalités des Gouvernements successifs, invités à s’extasier sur les projets en cours de réalisation depuis 2003 à Rachgoun et 2006 à Sbiât, restent sujets à caution pour le commun des citoyens qui se demande s’ils seront opérationnels un jour. Citée plusieurs années durant comme le projet pi-lote dans le domaine de l’aquaculture, la ferme aquacole de Rachgoun, dont le lancement des travaux a débuté en 2003 sur la foi d’une étude préalable entamée en 2002, dans le cadre du programme d’investissement initié par le président de la République, aurait quelque mal à concrétiser les espoirs nourris par son investisseur et par les consommateurs potentiels, qui se faisaient une joie de garnir leurs tables à un prix abordable.
De même, cette nouvelle ressource créatrice d’emplois devait booster la production du secteur de la Pêche, dont les performances ont été entravées entre autres par le mauvais temps, qui a sévi en mer depuis l’automne dernier. Autrement dit, les gros investissements placés depuis le début du 3ème Millénaire sur le renouvellement de la flottille de pêche et dans le domaine de l’aquaculture, sont loin d’atteindre les résultats escomptés, bien au contraire… Au lieu de cela, qu’en est-il?…
On s’aperçoit tout d’abord que les armateurs qui ont pris des crédits faramineux auprès de la BADR, pour ramener de l’étranger et en devises SVP, des bateaux dotés d’équipements sophistiqués et censés ramener des pêches miraculeuses, n’ont pas hésité à emboîter le pas des fellahs «graciés» par le Président, lors du discours électoral qu’il a prononcé à Biskra et dans lequel il s’engageait à effacer les dettes de ces derniers.
Les armateurs demandent à être alignés sur les mêmes dispositions, sans avoir pratiquement rien produit. Le peu de poisson que l’on trouve d’ailleurs dans nos marchés, provient de la pêche traditionnelle.
S’agissant des projets de fermes aquacoles, on rappelle que le site de Rachgoun, lancé en août 2003, a été doté d’un montant initial de 490 millions de dinars de l’époque. Selon des sources proches de la direction de la Pêche, la cause principale du retard accumulé par ce projet serait l’augmentation des prix des équipements, acquis pour la plupart de l’étranger, en raison de la dévaluation du dollar par rapport à l’Euro, lors de l’embellie traversée par nos réserves de changes jusqu’à la fin de l’année écoulée.
Ce projet qui est mis en veilleuse pour le moment, se trouve à une phase cruciale consistant à ramener l’eau de mer dans ses bassins, pour faire développer ses alevins.
Or cela fait plus de deux années, que l’investisseur a demandé une rallonge financière à la banque, qui continue à faire la sourde oreille à ses appels et pour cause. Une banque ne lâche pas si facilement de l’argent, sans un audit préalable, même si l’investisseur estime le taux d’avancement de son projet à 93% (!) et qu’il aurait pu terminer son projet en 2007, s’il avait pu disposer à temps de la rallonge réclamée.
Quant au projet de Sbiât, il semble qu’il ait bénéficié de l’expérience retenue des avatars du site de Rachgoun, quand on sait qu’en 2006, année de son lancement, il a été doté d’une enveloppe de 740 millions de dinars. Selon la direction de la Pêche, ce projet connaîtrait un taux d’avancement estimé à 65%. Un taux qui risque d’être revu à la baisse, à cause des dernières pluies qui en plus de quelques dégâts provoqués aux installations, ont réussi à bloquer certains travaux.
C’est du moins l’explication que l’on pourrait donner de l’envoi par le ministre de tutelle de deux directeurs centraux, arrivés mercredi dernier pour entamer une tournée d’évaluation sur les deux sites en question et prendre le cas échéant les mesures qui s’imposent.
MM. Bounouni Abdelkader et Khaled Rahi, puisqu’il s’agit d’eux, seraient repartis avec la ferme intention d’aider dans leur rapport les deux projets en cours à entrer en production, avant la fin de l’année 2009.
A signaler que sur les 32 projets de fermes aquacoles lancés au niveau national, seuls quatre (4) sont entrés en production, dont deux (2) à Ouargla et un (1) respectivement à Ghazaouet et à Saïda.
Pour rappel, l’objectif de la création de ces fermes est d’augmenter substantiellement la production piscicole, pour combler le déficit laissé béant par la pêche maritime, lors de la pause nécessitée par la reproduction des espèces.

Source : Voix-Oranie

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