Mémorial Omar Oucief

Le jour où on est venu nous demander une petite biographie de Omar Siki en vue de compléter le dossier pour baptiser du complexe omnisports d’Aïn Témouchent, qui porte désormais son nom, il y a une facette de la personnalité de ce joueur d’exception, qui nous paraissait superflue et qu’on a omise volontairement de mentionner, s’agissant d’une procédure officielle, qui devait se limiter à une biographie expresse. En fait, on avait fait l’impasse sur la dimension la plus éclatante et la plus caractéristique du personnage car Siki, par delà ses qualités physiques et techniques, était surtout connu pour sa gentillesse. C’était un gentleman des stades fort attachant, toujours prêt à intervenir pour désamorcer une querelle, rabaisser la tension, sermonner ses propres coéquipiers et, suprême élégance, raccompagner à leur bus les adversaires du jour.
Gagnant ou perdant, il dormait l’accolade, secourait le joueur à terre et serrait la main de son agresseur alors que, dans la vie, Siki ne passait pas pour un enfant de choeur. On dit même qu’il était bon bagarreur. Qui peut nous montrer, par les temps qui courent, un ou deux joueurs de la même trempe ? Et les footballeurs de sa génération de ce monde peuvent en témoigner. Au lieu de s’attarder, donc, comme on a coutume de le faire sur les prouesses techniques du défunt joueur, personnellement, j’aurais immensément apprécié que ce mémorial fasse la part belle à ce côté chevaleresque d’Omar Siki. C’est un hommage conçu sous le signe du fair-play et de la lutte contre la violence dans les stades ; rien de mieux pour conjurer le mauvais sort, qui semble s’abattre sur le football. Siki incarnait plus l’éthique sportive que le talent proprement dit.
N’a-t-il pas refusé les offres de l’Olympique de Nîmes et de Marseille pour demeurer aux côtés de sa mère inconsolable après la disparition prématurée et dramatique de son autre fils Saïd, boxeur de son état ? Le véritable Siki, qui a pour nom Battling, est le premier champion du monde africain de boxe, lui aussi mort tragiquement. Notre Siki a préféré la fidélité au club et la bénédiction de Khalti Talaïtmess aux appels des sirènes.
Peut-être que les connaisseurs et les nouveaux amis de Siki, qui ont été conviés à la table ronde et à la fête, n’auront pas retenu que les atours mais ce parcours sportif bâti sur l’humilité et le don de soi, dont la symbolique saura, nous osons le croire, réveiller certaines consciences, qui assimilent aujourd’hui le CRT à une vache à traire. L’autre club emblématique d’Aïn Témouchent reste sans conteste l’USMT fondé officiellement le 29 juin 1936 et non en 1933. Il a été un creuset de nationalistes et une grande école de militantisme, qui comptait dans ses rangs de valeureux champions formés dans des disciplines, comme le football, la boxe, le cross, le basket, la natation et le cyclisme, mais aussi d’authentiques moudjahed, à l’instar des cinq martyrs de la révolution, en l’occurrence Embarek Boucif, Bendjerrid Larbi, Miloud Boutlélis, Bendjaâleb Aziz et le guillotiné Amour Ahmed.
Il faudrait tout un livre pour raconter l’épopée de l’USMT depuis sa création. Ahmed Bouchaïb, membre du groupe des 22, fut l’un des meneurs de cette équipe. Nous ne manquerons pas de consacrer une page spéciale à l’USMT, grâce à quelques archives, que m’a confiées le regretté Benfodda Abdelkader, un des premiers entraîneurs de l’USMT et fin connaisseur du football national. Quant au CRT, qui accède en Nationale II, il faut rappeler que le club naquit, selon certains recoupements en mai 1961, au fond d’un local appartenant à Hadjouti Ahmed, ancien champion d’Afrique du Nord de boxe. Le groupe de fondateurs était composé de Belghata Mohradj, Attou Mohand, Gourine Benamar, Yekhlef Zenagui, Bouri Boumediene, Tagri Saïd, Yahiaoui Salem, Lalaoui Ahmed, Mahdaoui Ahmed et Abden Tahar.
Le premier président du CRT fut Hadjeri Mohamed et, juste après l’indépendance, lui succèdera Bensahih Mankour, un grand nom du football oranais. Siki, Benaïssa, Touati, Benouar, Madani, Yekhlef, Tayeb El-Kihli, Chouiref, Berrichi Driss, Djem’s et Moulay formeront le premier noyau de joueurs. Le club fera appel par la suite à une pléiade d’entraîneurs, parmi les meilleurs du pays. Nous citerons Benfodda Abdelkader, Benbrahim et Filali du MC Oujda, Carlos Gomez, le Français Hincker, Gorine, Chibani, Ouadah, Abdi, etc.
L’histoire du CRT reste à écrire. Mais, je ne terminerais pas ce bref survol sans évoquer le dirigeant hors pair, qui fut notre ami Chouiref Bou-Hadjar dit «Oran–matin», l’homme des missions difficiles, qui était capable de négocier n’importe quel recrutement problématique et qui avait ses entrées dans le milieu du football, un passionné du CRT, dont l’action a servi la cause du club.

Source : Echo-Oran

5 Comments

  1. karim dit :

    je remercie le monsieur qyui a rédigé l’article. ca doit etre un vrai connaisseur de sikki et bravo pour le style
    .mais on sent tout de meme une certaine colère.

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  2. admin dit :

    said mouas est l’auteur de l’article.

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  3. massaille2 dit :

    en lisant ce bel hommage sur notre omar siki(allah ya rahmah) j’ai quitter l’graba(douar el boulonne)en 1968 et j’ai pres que 50ans j’ai eu la gorge noue des images me sont revenus de l’epoque je n’avais que 7ou8ans .quel nostalgie merci baeucoup contunuez anous parler du crt et zidoria de l’epoque

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  4. Cheikho dit :

    c’est juste pour apporter un correctif sur la date de création de l’USMT qui n’est pas en 1936 mais bel et bien en 1933 et je suis en possession d’une photo de cette équipe de l’USMT de 1934 avec des joueurs qui sont encore vivants et qui ont reconnu la photo de 1934 et Kouider Chabati est encore vivant pour être parmi cette équipe de 34 . Donc ce n’est pas comme ça qu’on le dit mais avec une preuve à l’appui pour dire que ce n’est pas en 1936 .
    Salutations amicales et sportives .

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    • karim dit :

      cher ami je viens de consulter la réponse du frère qui a parlé de la date de création de l’usmt et j’ai demandé à mr said mouas l’auteur de me dire la datec exacte , il m’a confirmé que c’est bien en 1933 que l’usmt a été creé mais sa naissance officielle remonte au 29 juin 1936 date de son affiliation à la lofa.

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