Quand la rentabilité prime sur le service public

A en juger par l’engouement dont fait l’objet le secteur des transports, confirmé par le dernier bilan d’activité de l’année 2008 dans lequel il est mentionné le renforcement des liaisons locales par 182 véhicules supplémentaires de transport de voyageurs, il est patent que le créneau rapporte en terme de profit.Les transporteurs, comme on l’imagine, sont loin de crever la dalle et nombre d’entre eux ont même réussi à étoffer leur flotte par l’acquisition de nouveaux véhicules. Tant mieux pour les usagers qui, contre mauvaise fortune firent bon coeur à la suite des dernières augmentations du prix du ticket. Une hausse âprement négociée par le syndicat des transporteurs, sorti vainqueur du bras de fer qui l’opposa à la direction des transports. En tout état de cause, ce sont aujourd’hui 530 véhicules d’une capacité de 13 613 places, contre 7 002 en 2007, qui sillonnent les routes de la wilaya. Et tous font le plein tellement la demande s’avère importante. Hélas, face à ce flux, la qualité des prestations ne suit pas. Si la direction des transports s’est montrée jusque-là conciliante, elle est en revanche en droit d’exiger des propriétaires de bus plus d’engagement dans l’amélioration des conditions de déplacement du voyageur.
Que de fois n’a-t-on pas constaté l’état déplorable dans lequel sont tenus certains cars de transport: surcharge, sièges éventrés, vitres de secours condamnées, aération limitée, saleté, personnel de bord en tenue débraillée, musique de mauvais goût… sans compter les arrêts impromptus et les détours non programmés. Bref, l’usager est obligé de prendre son mal en patience en attendant des… bus meilleurs.
Du côté des taxis, il semble que l’activité ait repris de la couleur après le relèvement du prix des tickets des transports en commun en milieu urbain. A prix uniforme fixé à 10 dinars la place, le client a désormais le choix. Sur les 1 471 licences attribuées, 775 seulement seraient exploitées, soit un taux d’exploitation de 53%. Le bilan précise que « sur les 28 communes de la wilaya, six (06) d’entre elles présentent un taux d’exploitation supérieur à 50%…». Ce parc active de surcroît principalement au niveau des trois (03) grands pôles urbains que sont Aïn Témouchent (359 taxis), Beni Saf (171 taxis) et Hammam Bou Hadjar (52 taxis). Affectée aux dessertes intra et extra-muros, la flotte de taxis mérite elle aussi une action de rajeunissement vu l’ancienneté de la majorité des véhicules. Au niveau du chef-lieu de wilaya, il n’est pas rare par ailleurs de rencontrer des clandestins qui opèrent surtout après les heures de travail. Comme quoi il est possible d’injecter de nouveaux taxis en réorganisant l’activité d’autant plus que les habitants de la Nouvelle ville Akid Othmane se plaignent du manque de taxis malgré la forte concentration de logements au niveau du POS nord.
En matière de transport ferroviaire, la SNTF a fait un effort en ajoutant une troisième rotation en direction d’Oran. Le train de 9h00 enregistre en tous les cas un bon taux de fréquentation et la ligne Aïn Témouchent – Oran, avec une moyenne de 3.000 voyageurs par mois, pourrait prochainement être dotée d’un autorail en attendant que la voie Aïn Témouchent – Béni-Saf, utilisée pour l’instant pour le transport de la pouzzolane, soit mise au service du public. A ce propos, les habitants de la Nouvelle ville, distante de 3 km de la gare de chemin de fer, seraient bien soulagés si la navette Témouchent– Oran venait à marquer une halte au niveau de la voie longeant le quartier et traversant des emplacements plats accessibles aux wagons. Aucune contrainte physique donc pour envisager éventuellement la création d’une petite gare dans cette zone comptant près de 12.000 habitants.Au plan des investissements en cours, le secteur a bénéficié d’un méga-projet consistant en la réalisation d’une nouvelle gare routière, pour laquelle les travaux ont été lancés en février 2009 sur un terrain couvrant 30.450 m² dont 1 984 m² bâtis. Il y est prévu des bâtiments en R+1 dotés de toutes les commodités ainsi que 35 quais d’embarquement pour les liaisons inter-wilayate, intercommunales et urbaines. Le projet sera livré dans un délai de 16 mois. La conception d’un tel projet a dû certainement faire l’objet d’une large concertation et son implantation en bordure de la route nationale obéirait à un triple souci, alléger la circulation du périmètre urbain, faciliter l’accès par les voies menant à Oran et Tlemcen et enfin disposer d’une aire de stationnement conséquente en prévision des besoins futurs.
A ces avantages évidents, des habitants ont opposé quelques arguments assez convaincants, à savoir l’éloignement de la nouvelle gare routière par rapport à la ville, notamment la partie sud-est où se trouvent l’hôpital Benzerdjeb et l’université, deux importants pôles d’attraction, et le trafic intense qu’entraîneront les navettes-relais sur l’axe Siège de la wilaya – Gare routière où sont concentrés la majorité des directions d’exécutif. Il reste que pour donner à ce choix sa juste signification, si tant est que l’on ait pensé à cet aspect, il faudrait éliminer les autres sources de nuisance qui polluent l’environnement et agressent quotidiennement la tranquillité du citoyen, nous avons nommé les camions, engins et véhicules de transport pour qui il convient de réserver un site de stationnement proche de la future gare routière.
Ce faisant, on aura concrétisé une certaine vision du développement des transports en harmonie avec la problématique de sauvegarde de l’environnement.

Source : Echo-Oran

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