Que veulent-ils de plus ces professeurs de lycées ?

La grève des enseignants se poursuit dans les seuls lycées, après trois semaines d’arrêt de cours et ce sont les élèves pris en otage qui risquent d’être les grands perdants en fin d’année, à l’échelle de la wilaya d’Aïn Témouchent. C’est du moins l’avis de la majorité des parents d’élèves, du moins ceux qui ont un examen à passer en fin d’année scolaire et pour lesquels ces mêmes parents estiment: «Comme pour toute grève, il faut que les syndicalistes pensent à assurer un service minimum, pour préserver les intérêts de leurs élèves, dont la réussite ne peut que mieux refléter les véritables performances de leurs professeurs», nous indique K. Belazreg, père d’une lycéenne de 3ème AS.
En réaction, l’association des parents d’élèves, à sa tête M. Mahrouz Baghdad, estime: «Cette grève pénalise les élèves. Si la responsabilité en incombe au ministère de l’Education, elle revient également aux professeurs grévistes. Le professeur ne peut pas aboutir à de bons résultats, s’il traîne à longueur de temps ses problèmes socioprofessionnels. Le ministère devrait réagir immédiatement, d’autant que notre préoccupation majeure est la récupération des cours perdus, pour que nos enfants ne soient pas lésés à l’heure des échéances.» En conséquence, si l’on recueille tous les avis des parents d’élèves, il semble que ces derniers soient les premiers à s’élever contre cette longue grève, «et ce, quelles que soient les revendications des enseignants ou l’attitude de fuite en avant longtemps observée par le ministère de tutelle», dira enfin un père excédé. Au début, cette grève a touché, à des taux différents, les établissements primaires, moyens et secondaires. Les parents d’élèves disent en avoir ras-le-bol de voir leurs enfants exposés aux dangers de la rue, alors que les examens de fin année s’approchent à grands pas. Curieusement, le même avis est relevé chez certains enseignants, qui se disent «très conscients de l’avenir de leurs élèves» et refusent de poursuivre cette grève plus longtemps. Ainsi en est-il au CEM «9 Décembre 1960», où le directeur M. Dalaâ Saïd, nous dira: «Mes PEM n’ont pas observé la grève. J’ai tenu préalablement, pour leur expliquer la teneur des communiqués du Gouvernement et ceux du ministère de l’Education, portant sur les trois revendications essentielles, à savoir les indemnités avec effet rétroactif et les dossiers relatifs à la médecine du travail et aux œuvres sociales», a-t-il souligné.
Hier encore, la grève n’a touché que 17 lycées, soit un taux de 78,11%, le taux le plus élevé (90%), étant observé par les PES du Lycée Maghni Sandid d’Aïn Témouchent. Il est à noter enfin, que les enseignants grévistes sont tous affiliés aux syndicats autonomes (CNAPEST, SNTE et UNPEF), tandis que l’UGTA en nette perte de vitesse, y compris au sein de l’administration du secteur, est bien entendu contre.

Source : Voix-Oranie

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