Une production de plus de 500.000 qx attendue

Une production viticole de plus de 500.000 quintaux de raisins de table et de cuve est attendue au titre de la campagne qui vient de démarrer dans la wilaya de Ain Temouchent, at-on appris mercredi de la direction des services agricoles (DSA).La pluviométrie exceptionnelle dé passant les 500 mm enregistrée cette année, l’amélioration de la prise en charge de cette filière par les viticulteurs, l’aide et l’assistance apportées par la DSA dans le cadre de ses missions sont autant de facteurs ayant contribué à l’augmentation de cette production, a-t-on expliqué. La superficie réservée à la viticulture a atteint 15.000 ha sur les 180.000 ha de superficie agricole utile (SAU).
Un peu plus de 12.000 ha sont consacrés à la transformation et 3500 ha au raisin de table, a-t-on rappelé. La saison viticole 2009, qui s’annonce sous de bons auspices, a enregistré aussi une attention particulière chez les transformateurs, dont plus de 1.000 viticulteurs ont réceptionné les produits phytosanitaires de traitement de la vigne, outre la taille de celle-ci, a-t-on ajouté. Les premières productions de raisin de table sont commercialisées à même la route nationale numéro 2, reliant Ain Temouchent à Oran. Les revendeurs qui achètent ce raisin auprès de viticulteurs, le mettent à la disposition des automobilistes à environ 100 DA le kilogramme.
Les primeurs de raisin rouge se vendent à profusion, a-t-on relevé, alors que le raisin blanc vient à peine d’apparaître sur leurs étals de fortune. Ce commerce occupera les deux bordures de cette route nationale tout au long de l’avancée de la campagne viticole 2009 et jusqu’au mois d’octobre prochain. En 2008, la wilaya de Ain Temouchent a enregistré une production de 300.000 quintaux de raisin. Une production qui était déjà meilleure par rapport à celle de 2007 (environ 180.000 qx) et presque équivalente à celle de 2006 (290.000 qx). Cette situation a résulté de l’absence de prise en charge de la production du raisin de cuve par l’Office national de commercialisation vitivinicole (ONCV), a-t-on rappelé. Les viticulteurs rappellent, pour leur part, qu’en plus du mauvais temps des mois de mars et avril 2007, la grêle avait détruit de grandes superficies de vignobles. Ils ont du faire face à de grandes dépenses, surtout en matière de traitement et ont du recourir à l’arrachage des vignobles (plus de 3000 ha), alors que d’autres se sont reconvertis dans l’arboriculture.
A cela s’ajoutent les problèmes de mévente et d’encaissement de leurs dus. La wilaya de Ain Temouchent a enregistré, durant les années soixante dix, l’arrachage de plusieurs hectares de vignoble, la principale activité économique de la wilaya. Son nom a été toujours associé à cette filière qui occupait une superficie de plus 3.700 ha en 1830, a-t-on évoqué à la DSA. Les dizaines de caves disséminées à travers les localités de la région, principalement à El Malah et Hammam Bouhadjar, témoignent de cet intérêt. Le nouveau souffle imprégné par les pouvoirs publics, depuis l’an 2000, a été concrétisé par la mise en terre de nouvelles vignes à El Amria, El Malah et Hammam Bouhadjar, une action de réhabilitation de la vocation première de la wilaya.
La DAS ambitionne de redonner à Ain Temouchent ses potentialités d’antan. Cette direction signale que la production annuelle de vin est estimée à 200.000 hectolitres, dont 50% destinés à l’exportation. Les problèmes liés à l’inertie de la coopérative vitivinicole de la wilaya (VITICOOP) ont été, également réglés, puisque un nouveau conseil élu, cette année, préside aux destinées de la corporation. Celle-ci compte plus de 2.500 viticulteurs et quelque 30 caves à vin, dont une dizaine ou un peu plus sont fonctionnelles. Si la filière se développe, cette dizaine de caves suffit pour prendre en charge la production, a-t-on estimé. Cette filière doit également faire l’objet d’amélioration de la productivité et de la qualité des cépages. Pour cela, des formations sont dispensées par l’institut technique agricole (ITAF). Par ailleurs, le manque de greffeurs spécialisés pour la vigne fait que plusieurs hectares de vignes ne sont pas greffés. Les planteurs de greffages de la région sont des personnes âgées qui n’ont pas inculqué cette profession aux jeunes.
Seulement 5.000 hectares de vignes ont été greffés de 2000 à 2005, a-t-on rappelé. Cette anomalie a été levée par la DSA qui a invité l’Institut technologique moyen agricole (ITMA) à ouvrir une branche de formation de greffeurs tailleurs en vue de les lancer dans le domaine. La viticulture est confrontée, également, à l’indisponibilité du cépage destiné au greffage, c’est pourquoi l’ITAF recourt à chaque fois à l’importation de certains plants pour satisfaire la demande des viticulteurs. La DSA entend, enfin, inciter les viticulteurs à se regrouper pour pouvoir transformer eux mêmes leur raisin en vin, soit dans des coopératives, soit dans des exploitations collectives qui leur permettront de mieux gérer leur profession.

Source : Ouest-Tribune

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